Zoom sur l’hôpital de district de Bamendjou

Entre vétusté des locaux et pénurie en personnel
L’hôpital de référence de Bamendjou doit se battre contre de nombreux maux.

L’hôpital de district de Bamendjou a été créé en 1996 avec le district de santé du même nom. Situé en plein centre-ville non loin des autres bâtiments administratifs, il offre des soins en médecine générale, en maternité, en soins préventifs et promotionnels. En outre, on y fait de la petite chirurgie. Seulement, cet hôpital qui semble être la référence du district souffre de graves maux.

Dès l’abord, on remarque que les bâtiments sont inappropriés et surtout insalubres. Bien qu’il y ait de l’eau courante, il n’y a pas de toilettes. C’est donc en plein air que les patients prennent leur bain. Pire, c’est dans la broussaille environnante qu’ils font leurs besoins avec tout ce que cela comporte comme risques.

En outre l’hôpital manque de matériel roulant, par exemple une ambulance. On n’imagine donc pas une femme en travail à Boum ou Latsit qu’il faut ramener d’urgence à l’hôpital. Le district de santé n’est pas mieux loti, puisqu’il n’a aucun outil de déplacement. D’ailleurs, il n’a même pas de local propre, et squatte des étroits bureaux en contre-bas de l’hôpital.

S’agissant du personnel, le manque est criard. Sur la quinzaine de personnes qui travaillent dans cet hôpital, la majorité est constituée de personnel communautaire ; le personnel de l’Etat se réduit à trois aides-soignants, un infirmier adjoint et un agent de l’Etat.

S’agissant du traitement de ce personnel communautaire, les salaires sont assez modestes : 20 000F en moyenne, c’est-à-dire en deçà de la grille du ministère de la santé, en deçà du SMIC (salaire minimum intercatégoriel d’environ 28 000F). « Nous sommes conscients que ce traitement est minable, reconnaît le surveillant général de cet hôpital, mais c’est tout ce que nous pouvons produire. Nous n’avons pas les moyens de faire mieux ».

Quant au seul médecin de l’hôpital et du district, il cumule à la fois les fonctions de chef de santé du district et de directeur de l’hôpital. Pour mieux corser la situation, le médecin ne réside pas dans la localité. « Il ne faut donc pas souhaiter qu’une femme s’amène à minuit à l’hôpital avec une situation d’urgence », commente un garde-malade. L’hôpital n’a pas ni laborantin, ni d’accoucheur et ce laboratoire lui-même est dans un piteux état à rendre douteux les résultats qui en sortent.

L’hôpital dispose d’une cinquantaine de lits d’hospitalisation plus ou moins confortables, mais ils ne sont jamais remplis. Explication du surveillant général : « Ce n’est pas parce que les gens sont tellement en santé, mais parce que la plupart des malades préfèrent rester à la maison, faute d’argent pour se soigner ». L’enceinte de l’hôpital n’est pas sécurisée, ce qui expose le personnel et les patients aux agressions, aux animaux errants (porcs, chiens ; poules, chèvre, etc.).

Une telle perméabilité contraste avec le fait que de l’hôpital ne dispose pas d’incinérateur de déchets. On croise les doigts pour qu’il ne se trouve pas confronté à une situation d’alerte sanitaire. Autant dire que l’hôpital de district est lui-même malade et doit se refaire une santé pour répondre aux nombreuses attentes de la population.

Le seul point brillant dans ce tableau sombre est la pharmacie de l’hôpital. On y trouve l’essentiel des médicaments à des prix recommandés par l’Etat. L’hôpital de district reçoit en moyenne 165 patients par mois qui viennent en majorité consulter pour le paludisme, les infections respiratoires, les maladies diarrhéiques et dégénératives.

Mais de plus en plus l’hôpital reçoit de nombreux cas de traumatismes causés par la prolifération des motos taxi, synonyme de multiplication d’accidents. Et comme par endroits, il y a du bitume, ces accidents sont de plus en plus graves.

B.N.
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