SIEGNI Claude, Point Focal Zenü Network à la DRES/Ouest

IMG_20161012_122757.jpg


Les 11 et 12 octobre 2016, vous étiez en séminaire de formation des superviseurs des Clubs d’Education Civique et d’Intégration Nationale (Cecin). Peut-on savoir de quoi il a été exactement question ?

Ecoutez, nous pouvons résumer cela à un ensemble d’activités à mener par ces encadreurs de clubs que nous nommons encore superviseurs, et qui consistent pour eux à maîtriser l’outil qui leur permet de bien conduire les activités du club. Nous faisons référence ici de la mallette pédagogique qui est une véritable Bible en la matière étant donné qu’elle a quasiment tout prévu. Il était donc question pour nous dans le chronogramme des activités prévues par ces séances de formation de donner aux superviseurs les rudiments nécessaires à la maîtrise du contenu de cette mallette.

De façon concrète comment se déroule la formation ? S’agit-il simplement pour vous de passer en revue le contenu de la mallette avec eux ?

Bien sûr que non. En notre qualité de pédagogue, nous savons qu’il y a un objectif général, il y a les activités d’apprentissage, il y a les activités d’enseignement et tout cela a été scénarisé comme lorsque nous préparons notre leçon. On sait où on veut arriver et il faut à cet effet trouver les stratégies susceptibles de faciliter la compréhension des objectifs intermédiaires et de l’objectif général aux séminaristes. En ce sens là, nous avons effectivement commencé par un exposé liminaire qui présentait le Cecin aux participants. Ils ont été entretenus sur les différentes missions, les objectifs et le fonctionnement du club. Par la suite nous les avons, dans le cadre des travaux en ateliers, réunis par petits groupes et dans un organigramme, ils ont essayé de déterminer les acteurs stratégiques qui interviennent dans le fonctionnement du Cecin. Ces travaux en atelier nous ont simplement permis de vérifier qu’ils suivent et comprennent. Car tout cela avait déjà été dit dans l’exposé préliminaire. Et bien entendu leurs contributions étaient très importantes et enrichissantes car nous avons ici affaire aux adultes qui ont pour certains une très longue expérience de terrain. Ils se montrés très intéressés et nous gardons l’espoir que cet engouement va se faire ressentir une fois qu’ils seront de retour sur le terrain.

Tous les ans en cette période vous organisez cette séance de renforcement des capacités des superviseurs des Cecin, est-ce parce que la répétition est la mère de la compréhension ?

Nous sommes des enseignants et nous connaissons la place importante que tient la répétition dans l’enseignement. Effectivement nous pensons que ces séances de recyclage ne sont pas de trop. Quand nous tenons compte des différentes questions que nous posent les participants, nous comprenons toute la nécessité et l’importance de ces séances de formation. En plus quand on tient compte du renouvellement du personnel, car vous savez que certains encadreurs sont ou affectés ou promus à de nouvelles responsabilités, et il devient nécessaire de former de nouveau ceux doivent les remplacer. Et même les anciens ont besoin d’être remobilisés d’un point de vue moral. Voilà donc quelques unes des raisons pour lesquelles nous organisons tous les ans ces séminaires de renforcement des capacités des superviseurs des Cecin.

Depuis l’an dernier, le taux de participation des superviseurs à ces séminaires a baissé. Est-ce un manque d’intérêt ou la preuve de ce que le message ne passe pas ?

En réalité on ne saurait trouver à cette situation une seule et unique explication. Il s’agit on doit dire d’une conjonction de facteurs. Mais dans le même temps, il faut aussi rectifier un tout petit peu votre observation, pour dire que le taux de participation n’est pas strictement decrescendo. C’est en réalité un peu en dents de scie. Car l’an dernier à Dschang par exemple nous avons reçu presque 100% des superviseurs attendus, tandis que cette année à Bafoussam, ils sont un peu plus nombreux, certes pas autant il y a deux ans. Mais nous devons reconnaître qu’il y a des facteurs conjoncturels liés à la chaîne de transmission administrative. Parfois il y a des goulots d’étranglement qui font que l’information n’arrive pas à temps. C’est vrai aussi, il doit y avoir des encadreurs qui n’ont pas tout à fait compris les enjeux sérieux du club et qui se sont certainement découragés du moment où ils n’ont pas trouvé une écoute au plan financier auprès des chefs d’établissements.

Les encadreurs pour la plupart affirment que les chefs d’établissements ne mettent pas à leur disposition les moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement du club. A ceux là que leur dites-vous ?

C’est vrai que dans les établissements scolaires, l’argent constitue le nerf de la guerre et que les besoins sont parfois largement au dessus des moyens financiers disponibles, ce qui souvent oblige les chefs d’établissements pour certains à procéder à des « jongleries » ou gymnastique pour atteindre les deux bouts ou boucler l’année scolaire. Mais dans le même temps nous devons dire qu’il y a la carte personnelle de l’encadreur. Or il se trouve que ce ne sont pas tous les encadreurs qui prennent les clubs pour des raisons saines et cela est susceptible de brouiller la vue d’ensemble que le chef d’établissement a sur les clubs. C’est donc la raison pour laquelle nous conseillons aux encadreurs des clubs de montrer le sérieux de la chose aux chefs d’établissements déjà par la qualité de leur engagement personnel. L’engagement de l’encadreur doit forcément impacter sur le comportement des élèves et leur action au sein de l’établissement, doit certainement amener le chef d’établissement à prendre plus au sérieux leur club et lui accorder plus d’intérêt. Car il faut le dire, le Cecin est un club particulier étant donné qu’il a des missions de salut public. En partant ainsi de la base, c’est un Cameroun nouveau qu’on met sur les rails car autant c’est difficile de changer les comportements des adultes qui se sont déjà habitués à de mauvaises pratiques, autant c’est facile de mouler les jeunes à la base et leur inculquer des habitudes nouvelles qui vont effectivement aider à atteindre les objectifs de l’émergence en 2035 fixés par les pouvoirs publics.

Depuis que vous travaillez avec Zenü Network dans ce programme de lutte contre la corruption en milieu scolaire, avez-vous le sentiment que l’activité des Cecin a fait reculer la corruption dans nos lycées et collèges ?

Nous avons entendu les encadreurs de club tout à l’heure s’exprimer et nous réalisons qu’il y en a qui ont effectivement pris le taureau par les cornes et ont fait bouger des lignes. Vous devez aussi savoir que la lutte contre la corruption n’est pas un travail de tout repos. Nous avons dans le cadre de ce séminaire présenté les différents acteurs dans le fonctionnement des Cecins. Mais il faut savoir qu’ici tout repose en majorité sur les épaules de l’encadreur. Il est un maillon essentiel et la réussite du combat dépend en grande partie de son degré d’engagement. Comme vous le voyez, les élèves ne sont pas présents ici, c’est l’encadreur qui est présent ici et qui reçoit cette formation. C’est donc lui qui connait les tenants et les aboutissants des objectifs poursuivis par le club. Ce sera à lui demain de travailler avec les élèves et de les former à son tour. S’il se laisse donc décourager par ci ou ça, l’objectif ne sera jamais atteint. Mais nous voyons à travers les différentes interventions que le travail est fait et qu’il y a de véritables raisons d’espérer ou de croire que les résultats sont pour très bientôt. Nous sommes heureux de constater que les encadreurs des Cecins ont été bien choisis, ils ont un profil psychologique qui épouse les contours des exigences de la tâche qui les attend.

Vous avez certainement été confrontés à certaines difficultés depuis que vous formez ces superviseurs. Qu’est ce qui selon vous devrait être fait pour pallier à ces difficultés ?

Les difficultés rencontrées sont des difficultés traditionnelles liées à l’organisation des séminaires. Pour l’instant, nous n’avons pas encore trouvé une stratégie qui donne entièrement satisfaction quant à la prise en charge. Nous avons pour l’heure une nouvelle hiérarchie régionale qui certainement informée de tout ce qui se fait, doit trouver des stratégies pour améliorer l’existant car comme vous le savez, le problème ne peut pas être résolu par un coup de baguette magique. L’expérience que nous avons eu dans la ville de Dschang par exemple, c’est que sous instruction de la hiérarchie, les chefs d’établissements ont mutualisé leurs efforts pour prendre en charge les différents participants au séminaire. C’est vrai que tout ne s’est pas très bien passé, mais nous pensons que pour les prochaines éditions toutes les dispositions vont être prises pour que tout se passe de façon harmonieuse. C’est aussi l’occasion pour nous de dire merci à Zenü Network, notre partenaire technique qui met à notre disposition toute la logistique nécessaire, mais peut être que, une petite pause café sera aussi la bienvenue. Cela pourrait constituer une motivation de plus pour ces superviseurs et renforcer aussi leur engagement en faveur des objectifs du Cecin. Je tiens donc à saluer ce qui est déjà fait, la mallette pédagogique est un très bon outil et nous devons remercier Zenü Network d’avoir pensé à mettre cet outil à la disposition des superviseurs. L’idéal serait sans doute que l’on ait deux exemplaires par établissement, qu’un exemplaire soit en permanence dans la bibliothèque à la disposition des élèves qui pourront le consulter à tout moment pour en savoir davantage sur le fonctionnement de leur club.

Entretien mené par DEXTER NANA
0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

NOUS CONTACTER

Merci d'utiliser le formulaire ci-dessous pour nous contacter.

En cours d’envoi

©2021 Zenu Network | Zenu.org

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?