Rentrée scolaire 2019 : De nouvelles tenues pour lutter contre la dépravation des mœurs en milieu scolaire

C’est une initiative du  Délégué Régional des Enseignements Secondaires de l’Ouest, qui se heurte malheureusement à de nombreuses résistances sur le terrain.

Le Délégué Régional des Enseignements Secondaires pour l’Ouest, le Dr. François Ngabnya, s’inscrivant dans la logique du « Clean School », un concept bien cher au Ministre des Enseignements Secondaires, au mois de juillet 2019 et en guise de préparation de la nouvelle année scolaire 2019-2020, avait pris un ensemble de mesures, dont l’application stricte par les chefs d’établissements, aurait contribué, tout au moins sur la forme, à redonner à l’école tout son prestige et sa dignité qu’elle n’aurait jamais dû perdre.

En effet, au rang des pratiques devenues courantes et répandues dans la presque totalité des établissements scolaires du Cameroun, pratiques qui concourent à ternir l’image de l’école et jettent le discrédit sur le type d’éducation qu’elle transmet, on doit citer on bonne place le port des tenues vestimentaires extravagantes et indécentes. Pour dire vrai, l’enceinte des campus scolaires au Cameroun, a subi de plein fouet, l’influence négative  des nouveaux modes vestimentaires plutôt exhibitionnistes. Même les établissements scolaires privés confessionnels, connus pour être le chantre supposé de la pudeur, n’ont pas échappé à ce phénomène de mode.  La nouvelle norme imposée par ce phénomène de mode impulsé par les pop stars des Télé Novelas ou des réseaux sociaux, étant le port  des tenues vestimentaires qui à défaut d’exposer certaines parties les plus intimes du corps humain, les dessinent proprement pour bien les mettre en valeur. 

C’est ainsi que les jeunes filles, nonobstant pour certaines leurs rondeurs, se plaisent bien dans les tenues à la fois, les plus courtes et les plus près du corps possible. L’idéal étant autant que faire se peut, d’exposer ce qui devrait être caché pour appâter on ne sait qui.    Les jeunes garçons pour leur part, quand leurs pantalons ne sont pas en mode taille basse, exposant la partie du corps dont notre sens de la pudeur nous interdit de nommer, quand elle n’est pas protégée par un sous vêtement à la propreté douteuse, se plaisent bien dans des pantalons sautés ou slimés, rappelant celui ,d’un héros légendaire des bandes dessinées, Bleck le Roc pour ne pas le nommer.

 Il va sans dire que les responsables des établissements scolaires pour avoir laissé faire dans la majorité des cas et par laxisme, ont vu l’espace scolaire se transformer en une arène où défilent et se défient, des tops modèles drapés dans des tenues très peu recommandables pour des élèves.  A la saine concurrence intellectuelle à laquelle devraient se livrer les élèves dans les salles de classe, s’est substituée une autre forme de concurrence morbide, consistant à savoir qui va remporter le prix de la tenue vestimentaire la plus extravagante à défaut d’être la plus provocante.

En conséquence, beaucoup d’observateurs, n’ont pas tardé à tracer le lien entre le style de tenue que portent les jeunes filles dans les établissements scolaires de l’enseignement secondaire, et le taux de harcèlement sexuel ou même de viol dont elles peuvent être victime. Pour ces observateurs, il ne fait aucun doute que les jeunes filles, de façon très consciente, portent des vêtements hautement provoquants pour aguicher à la fois leurs enseignants et certains de leurs camarades de classe.  L’inconfort psychoaffectif qu’éprouvent certains enseignants et élèves garçons devant les tenues des jeunes filles, explique-t-on, a souvent poussé certains à se découvrir brutalement des talents de harceleurs sexuels ou de violeurs.

Sonner la fin de la recréation

Le spectacle n’avait que déjà trop duré, les comportements déviants dus à ces modes vestimentaires avaient élu domicile au sein des établissements scolaires avec sans aucun doute une incidence qu’on imagine négative sur les performances scolaires des apprenants.  Il fallait de toute urgence faire quelque chose. Il était enfin temps que quelqu’un se donne la liberté et le courage de prendre une décision visant à mettre un terme à toutes les dérives et redonner à l’école ses lettres de noblesse. Pendant de nombreuses années, et sous le regard indifférent ou impuissant des autorités en charge de la régulation des mœurs en société, la norme, dans les établissements scolaires, a été écartée au profit de la normalisation des écarts.

La rentrée scolaire 2019-2020 devait donc sonner dans la région de l’Ouest, le glas de tous ces comportements vestimentaires qui se situent aux antipodes de l’éthique académique et n’honorent point les personnes qui portent lesdites tenues. C’est dans cet esprit que le Délégué Régional, le Dr. François Ngabnya, avait en date du 22 juillet 2019 et par lettre N°2172/L/F/DRES/19, par le couvert des huit Délégués Départementaux de sa région, instruit mesdames et messieurs les chefs d’établissements scolaires, d’un ensemble de dispositions relatives à la rentrée scolaire. Il instruisait les chefs d’établissements scolaires de s’ « assurer que les tenues des élèves filles couvrent leurs genoux jusqu’à la cheville et que les pantalons des élèves  garçons sont conformes ‘’non slimés’’ ». Et il ajoute «  Il reste entendu que les garçons s’astreindront à porter des cheveux coupés court et propres alors que les filles porteront des cheveux tressés ou coupés court sous-forme de mini cheveux, sans fantaisie chez les uns et les autres », avant de conclure, « je tiens la main haute au respect scrupuleux des présentes instructions ».

Les attitudes complices de certains responsables

 Plus de deux mois maintenant après la rentrée scolaire, cette instruction du DRES/Ouest trouve beaucoup de peine à se concrétiser sur le terrain. Les résistances sont multiformes, les interprétations de même. Et à propos des résistances, il convient de reconnaître ici qu’elles viennent parfois des personnes qu’on aurait logiquement imaginé au-dessus de tout soupçon, tant il est vrai que leur résistance nous semble pour le moins injustifiée.

En réalité, si on peut  comprendre les parents ou les élèves eux-mêmes, ce qu’il y a de moins compréhensible dans les résistances que l’on observe dans la mise en pratique de cette décision du DRES/Ouest condamnant le port des tenues indécentes en milieu scolaire, c’est la complicité passive de certains responsables dans les établissements scolaires. Ceux-ci,  par des propos ou certaines attitudes volontaires ou involontaires, encouragent les élèves à ne pas se soumettre à cette décision. Comment finalement comprendre que ce soient   les personnes dont la  responsabilité consiste entre autre  à exécuter les instructions et à rendre ensuite compte des difficultés rencontrées, qui les premières se portent à tout faire, pour rendre inopérante cette instruction relative au nouveau modèle de la tenue scolaire recommandée par le DRES ? Que des fonctionnaires subalternes se donnent la liberté de s’opposer à une instruction de la hiérarchie qui en tout point de vue vise à corriger les mœurs en milieu scolaire, cela mérite d’être questionné et atteste à n’en point douter qu’il y a péril en la demeure. Il convient de rappeler déjà que   les chefs d’établissements scolaires dans leur grande majorité, au moment de publier les informations relatives à  la rentrée scolaire 2019-2020,  n’avaient pas jugé utile d’accompagner celles-ci de cette instruction relative à la  tenue scolaire. Il ne serait pas exagéré non plus de dire que certains l’avaient savamment ignorée. D’autres encore étaient persuadés qu’il s’agissait d’un détail ou encore que le Délégué Régional s’était trompé en parlant de la longueur de la robe qui doit dépasser les genoux et descendre jusqu’à la cheville. Cette catégorie de responsables attendaient de leur hiérarchie qu’elle reprécise sa pensée. Ce qui a été bien fait à l’occasion de la cérémonie de clôture de la sectorielle de rentrée scolaire du jeudi 12 septembre 2019 quand,  parlant au nom du Gouverneur de la Région de l’Ouest, le DRES a rappelé qu’il « tient la main haute au respect scrupuleux » de son instruction et  envisage des descentes inopinées de  contrôle sur le terrain.

Aujourd’hui et plus de deux mois après la rentrée, le constat est là. Dans nombre de nos établissements scolaires, les élèves ne se sont pas toujours tous exécutés. On continue  de voir un nombre considérable d’élèves revêtir de toutes petites robes ou des pantalons dessinant parfois dans le détail leurs formes corporelles, se pavaner dans les rues et sur le chemin de leurs établissements scolaires. On les voit dévisager dans l’enceinte des campus scolaires avec leurs camarades de classe ou certains enseignants, entrer et sortir des salles de classes ou des bureaux des responsables chargés de la discipline, tels des héros invisibles.

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Manque de discernement des parents d’élèves

 Aux résistances injustifiées de certains responsables dans les établissements scolaires, s’ajoutent d’autres encore plus fortes et bien déterminées. Il s’agit celles dont font montre les parents et dont le mécontentement a fait un buzz sur  les réseaux sociaux. De nombreux parents au prétexte d’une part  de la précarité de leurs moyens financiers, rechignent à coudre de nouvelles tenues respectant les normes prescrites par le DRES à leurs enfants. D’autre part, ils prétextent et peut être à raison, qu’ils n’étaient pas informés de cette décision du DRES au moment où ils faisaient coudre les uniformes de leurs enfants. En conséquence, coudre de nouvelles tenues pour leurs enfants au lendemain de la rentrée scolaire alors qu’ils se croyaient à l’abri pour deux ans au moins, leur semble une véritable sinécure.   Les élèves en retour, habitués au régime du laisser-faire dans lequel ils se sont accoutumés, n’ont pour rien au monde pris en considération les instructions du DRES. Il se pourrait que, quand bien même   certains parents, respectueux de l’autorité et soucieux de la qualité de l’éducation à transmettre à leurs enfants, ont pris la peine de coudre des tenues conformes aux nouvelles instructions,  ces derniers par contre,  sont retournés chez les tailleurs pour modification, au prétexte qu’ils ne sont pas dans des couvents, ni ne sont de bonnes sœurs.  

Mais les parents d’élèves ont le devoir d’aller au-delà de leurs préoccupations financières, pour comprendre qu’il s’agit là bien d’une décision qui vise à protéger leurs enfants. Il s’agit, nous semble-t-il pour le DRES/Ouest, de soustraire les jeunes de la concupiscence de certains prédateurs  en même temps  qu’il s’agit de leur inculquer de nouveau des valeurs indispensables à leur formation citoyenne. Certes, le zèle et le manque de discernement avec lesquels certains responsables de la discipline ont appliqué cette décision du DRES/Ouest dans leurs établissements scolaires, ont laissé dubitatif bien des parents qui ont vu en cela, la porte ouverte à toutes les formes de dérives et règlement de compte. Sur les réseaux sociaux on a vu circuler des images montrant certains responsables, déchirer les pantalons des élèves avec un zèle qu’on a vite fait d’assimiler à une violation des droits de l’homme, ou encore éconduire sans ménagement des filles dont les robes descendaient jusqu’au niveau du tibia. Toutes ces images suivies de commentaires pas toujours gentils, qui ont fait le tour des réseaux sociaux, ont fini par enhardir beaucoup de parents qui se sont d’ailleurs réunis pour se concerter dans l’optique de mener un plaidoyer en direction des autorités administratives en vue de contraindre le DRES à revenir sur sa décision.  Mais en somme, le bon sens des parents devra les amener à comprendre que la décence   vestimentaire de leurs enfants, a plus de valeur que les considérations financières et autre zèle de certains responsables sur lesquels, ils entendent se fonder pour s’opposer à cette instruction.

Basile Honoré TCHUISSE

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