Ngollo Ngollo : « Le volontariat ne voudrait pas dire que l’on doit se sacrifier à l’extrême »

Le président du comité de suivi des recommandations du Cadre de Concertation entre les Organisations de la société civile (OSC) et Partis politiques parle du fonctionnement et de l’approche dans le travail.

M. Ngollo, en quoi consistent les activités du comité de suivi du Cadre de Concertation entre OSC et Partis politiques de la région de l’Ouest que vous présidez ?

Merci pour cette prise de parole que vous m’accordez et de l’opportunité que vous me donnez pour que je puisse m’exprimer au sujet de ce jeune comité que je suis appelé à présider. En effet, le comité comme vous le savez est né du Cadre de Concertation qui s’est tenue le 18 avril 2017 à Bafoussam dans le cadre du projet InCReD (Initiative Citoyenne pour le Renforcement de la Démocratie). Au terme de la rencontre, il a été jugé nécessaire la mise sur pied d’un comité d’action de suivi citoyen. De prime abord le travail que nous sommes appelés à faire c’est celui d’essayer de porter nos observations au près des principaux concernés pour les problèmes de voirie urbaine dans la ville de Bafoussam. Il s’agit notamment des services techniques concernés, la communauté urbaine et les mairies de tous les arrondissements de Bafoussam. Par notre action, nous entendons pouvoir contribuer à faire que la voirie urbaine de la ville de Bafoussam renaisse de ses cendres. Tout le monde est d’avis que cette voirie aujourd’hui est l’ombre d’elle-même et ça pose de sérieux problèmes tant sur la vie des citoyens que sur l’économie des populations. Voila à peu près donc ce sur quoi nous nous attelons avec tout ce que cela comporte comme difficultés, bien entendu.

A propos des difficultés, il se pourrait qu’il y a un problème de moyens qui se pose pour le fonctionnement de ce comité. De quoi est-il exactement question ?

C’est une lapalissade. Tout travail nécessite des moyens. Même s’il se fait sur la base du bénévolat, il faut quand même un minimum de moyens parce que le bénévolat ne voudrait pas tout simplement pas dire que des gens vont se sacrifier à l’extrême. Ce n’est pas seulement l’individu Ngollo qui parle ou défend ce point de vue, mais c’est ce qui ressort des préoccupations de tous les membres du comité qui estiment qu’au delà du fait que nous faisons du bénévolat qui consiste à mettre au service du projet peut-être notre intérêt, nos ressources physiques, nos ressources en terme de temps que nous consacrons pour mener ces activités là, dès lors qu’il faut peut être se déployer sur le terrain, dès lors qu’il faut peut être produire un certain nombre d’outils pour des documents, il faut absolument qu’il y ait quelque chose qui puisse accompagner cela pour que les choses se passent de manière efficace. C’est de ça qu’il est question. Bon, peut-être que ce n’est pas de cette manière la que les initiateurs du projet ont conçu la chose. Il reste donc que nous puissions nous accorder pour ce qui doit être fait. Peut-être aussi que le comité a mis la barre très haut. C’est pour cette raison aussi que nous envisageons convoquer une autre réunion pour que nous puissions avoir davantage de clarifications par rapport à cette situation afin que nous puissions effectivement faire ce pour quoi le comité a été mis sur pied.

Les organisateurs vous avaient fait savoir que le Comité ne dispose pas d’un budget de fonctionnement. Malgré cet avertissement, votre enthousiasme n’a pas été affecté. Les organisateurs pour éviter des frustrations, ont même accepté plus de membres qu’il ne se devait. Mais pourquoi ce revirement aujourd’hui ?

Il peut arriver que l’on déclare des choses pour faire en sorte que les gens ne puissent pas peut-être trop se prononcer. Ca peut être une stratégie et comme je l’ai dit tantôt, il n’y a pas d’action qui peut se mener sans qu’il n y ait des moyens. Et je crois donc que nous avions suivi qu’il n y avait pas de moyens par rapport à cette activité. Mais quand nous nous sommes retrouvés pour la première fois, lors d’une réunion qui s’est tenue le 25 avril 2017 et après avoir déroulé tout ce que nous devions mener comme activité, nous nous sommes rendu compte dès cet instant là qu’il se posait un problème. Peut-être que si nous l’avions fait séance tenante, le jour de l’atelier, on s’en serait rendu compte et on aurait posé le problème ouvertement. Mais c’est quand on a commencé à dérouler l’agenda et fait la planification que l’on s’est rendu compte que n’importe comment il aurait fallu qu’il y ait un petit accompagnement. Mais je peux vous rassurer, nous ne voulons pas trop. Nous sommes de la société civile, chacun dans cette action doit pouvoir gagner car il y va de l’intérêt de tout le monde. Donc, un accompagnement n’est pas quelque chose de trop, c’est ça aussi le problème. Mais je crois qu’on finira par s’entendre. Juste avant que vous ne m’accordez cet entretien, j’ai remis une correspondance aux partenaires du projet, j’en ai discuté avec le représentant sur place, je crois qu’on est entrain de vouloir se retrouver pour que nous clarifions toute cette situation. Donc notre souhait c’est qu’à l’avenir, on tienne compte aussi de ce genre de situation quelque soit ce qu’on dit parce que après tout vous voyez !

Quel doit être l’avenir de ce comité si décidément les différents partenaires, les responsables du projet ne sont pas disposés à mettre à votre disposition des moyens financiers ?

Je ne peux pas parler d’emblée de l’avenir du comité bien que je sois le président provisoire. Je tiens à le préciser, je ne peux pas dire de quoi demain sera fait. Mais je crois qu’il n’y a pas de situation qui ne finisse par trouver de solution. Et je crois qu’avec les porteurs du projet, il devra pouvoir y avoir une solution qui puisse nous permettre de mener à bon port cette activité. Il faudrait seulement que l’on fasse preuve de compréhension de part et d’autre tout simplement.

Entretien conduit par Dexter NANA

Cadre de concertation Osc-partis politiques : Les membres du comité de suivi à l’épreuve du volontariat

Avec ou sans budget de fonctionnement, le Comité de suivi devra atteindre ses objectifs. Voilà le défi que devra relever l’équipe du président Ngollo Ngollo.

Le 18 avril 2017, s’était tenu dans les locaux de Zenü Network, un Cadre de concertation OSC/Partis Politiques. Pour mémoire, ce cadre de concertation s’inscrit dans le projet InCReD (Initiative Citoyenne pour le renforcement de la Démocratie). Un projet mis en œuvre dans 6 du Cameroun, avec l’appui financier de l’Union Européenne. Dans la région de l’Ouest, ce projet entend s’intéresser à l’impact de la dégradation des voiries urbaines sur les activités socio-économiques et les libertés individuelles, dans un contexte de décentralisation. Pour la circonstance, la ville de Bafoussam éligible au CD2 devrait servir de cas clinique.

Cette rencontre du 18 avril qui avait connu une présence remarquable des associations de la société civile exerçant dans la région de l’Ouest, ainsi que des partis politiques, aussi bien ceux de la majorité que ceux de l’opposition, avait non seulement permis de favoriser le débat entre les Osc et les partis politiques sur des problèmes socio-économiques qui les préoccupent, plus important encore, cette rencontre qui de l’avis des participants était très riche en enseignements, avait débouché sur la mise sur pied d’un comité de suivi des différents engagements pris. Et malgré le fait que les porteurs du projet InCReD avaient clairement fait comprendre aux différents participants que les fonctions de membre du comité étaient essentiellement bénévoles, la ferveur du volontariat qui les animait, les avait poussés à se porter presque tous candidats. Et entre autres missions attachées à ce comité cde suivi, on doit citer le renforcement de la collaboration entre les services déconcentrés de l’Etat et les organisations de la société civile, la collecte et la diffusion des informations sur les projets et les actions menées, le suivi citoyen et la mobilisation citoyenne et enfin, mener une action de plaidoyer ou de lobbying en vue de l’accélération des projets du CD2 dans la ville de Bafoussam.

Ainsi dès le mercredi 26 avril 2017, les membres de ce comité se sont retrouvés pour s’organiser et se repartir les tâches en vue de son bon fonctionnement. Une équipe chargée de conduire les activités du comité et présidée par M. Ngollo Ngollo, ainsi qu’un chronogramme des différentes activités à mener a été clairement établi et approuvé par tous les membres présents. Il ne restait plus qu’à les voir entrer en action et accomplir leurs différentes missions avec dévotion. Seulement voilà, et contre toute attente, la question des moyens matériels qui s’était déjà invitée dans les échanges lors de la première rencontre est revenue au cours de la deuxième avec un plus de radicalité. Les efforts déployés par la personne contact au sein de Zenü Network pour les convaincre de mettre un peu d’eau dans leur vin et de revoir leurs positions, se sont montrés vains, au point où, ils se sont séparés le 10 mai en queue de poisson. Le président de ce comité de suivi, M. Ngollo Ngollo, parlant au nom de son équipe dit comprendre le sens citoyen et le sursaut patriotique auquel on les convie. Seulement, il tient à rappeler que le volontariat ne signifie pas qu’il faille se sacrifier à l’extrême. Toutefois, il dit devoir compter sur le sens de tolérance et compréhension de son équipe, qu’il va essayer de convaincre de savoir raison garder.

Dexter NANA

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