Mise sur pied d’une plateforme de concertation sur les problèmes d’eau

Au cours d’un atelier de restitution des résultats de l’étude hydrographique de Touegwe Bayangam aux autorités, élites et responsables des Organisations de la société civile, ces derniers ont pris la résolution de tourner le dos à la culture de l’eucalyptus.

Accueil du chef Bayangam par le directeur et le PCA du Cipre

Le mercredi 30 juillet 2014, le Centre International de promotion de la récupération, Cipre, a organisé dans l’arrondissement de Bayangam un atelier grand public. Il avait pour principal objet la restitution des résultats de l’étude hydrographique de Touegwe-Bayangam. Compte des enjeux d’une telle étude pour le village, le chef supérieur Bayangam, Pouokam II Georges Désiré, était présent aux travaux. L’objectif de cet atelier était de porter à l’attention des autorités, élites Bayangam et responsables des Organisations de la société civile (Osc), les résultats de l’étude diagnostique hydrographique et agro-sylvo-pastorale du village Touegwe. Une étude réalisée dans le cadre du Projet de plaidoyer pour la sauvegarde des écosystèmes de marécages des ressources en eau et des raphias (P-Semrer), financé par le Programme d’appui à la société civile, PASC.

Mot de bienvenue du directeur du Cipre, avec à sa droite le chef supérieur Bayangam

Dans sa présentation de circonstance, après le mot de bienvenue du président du conseil d’administration, le directeur du Cipre, Roger Tchuenté, a soutenu : «Nous avons remarqué que les activités de l’homme semblaient le plus, être à l’origine des déficits de plus en plus croissant en eau. Des conflits entre différentes couches de populations, éleveurs, agriculteurs, sylviculteurs existaient en amont, mais également en aval chez les populations riveraines. Cette situation soulève un problème de gouvernance de l’eau, ce qui rejoint le thème général de la gouvernance si chère à l’Union Européenne au Cameroun. C’est dans ce cadre que le projet de plaidoyer pour la sauvegarde des écosystèmes de marécages, des ressources en eau et des raphias (P-Semrer) à Touegwe – Bayangam a été conçu, élaboré et soumis au Programme d’appui à la société civile (Pasc) de l’Union Européenne qui a accepté de le financer…» Il n’a pas omis de remercier le chef supérieur Bayangam qui a, dit-il, fortement encouragé cette initiative à l’aube même de la conception de l’idée du projet P-Semrer. La commune de Bayangam était représentée à cet atelier par son 1er adjoint au maire, Dieudonné Wakam, qu’accompagnait le secrétaire général de ladite commune.

De gauche à droite, le SG et le A1 au maire de Bayangam

Conscient du fait que ce projet participe au développement du village, le chef supérieur, Pouokam II Georges Désiré, tout en félicitant le directeur du Cipre pour l’initiative, a invité les représentants des populations présents à mettre les mains à la pâte afin qu’une solution définitive soit trouvée au problème de tarissement des sources d’eau, voire des bas fonds dans le village en général et à Touegwe en particulier qui est en quelque sorte le château d’eau de Bayangam et des villages voisins.

De la présentation des résultats de l’étude par Jean Marie Kenne, consultant, il en ressort un amenuisement du débit d’eau crée par les eucalyptus, l’assèchement des marécages, l’utilisation abusive des pesticides, l’exploitation anarchique des bas fonds, l’existence d’une usine de production d’huile de palme qui pollue l’environnement à Touegwe avec comme conséquence des rigoles huilées et érodées. D’où l’urgence d’entreprendre des actions musclées, en partenariat avec la commune et la délégation de l’environnement.

Vue de la salle des travaux

Au sujet de l’usine de production d’huile de palme qui existe dans la zone du projet, le magistrat municipal a rappelé qu’il y a de cela 3 ans comme une mission avait fait la descente sur le terrain et constaté que les fosses aménagées par l’homme d’affaires pour la rétention des déchets d’huile débordaient pendant la saison des pluies et le trop plein déversé dans la nature en général et le cours d’eau en particulier, de plus en plus huilé. «Ce projet tombe à point nommé et il est question de voir ce qu’on gagne maintenant et ce qu’on va laisser à nos enfants» , a-t-il relevé. Et le directeur du Cipre d’ajouter que le problème d’eau n’est pas seulement qualitatif mais aussi quantitatif, spatial et temporel. Ce qui fait que toute pollution organique de l’eau diminue la quantité de l’oxygène.

Assiduité des participants

Dans les travaux en commissions, les participants ont travaillé sur les axes suivants : quelles actions entreprendre ; les problèmes pertinents observés sur le terrain ; comment s’organiser et quels moyens utiliser. Au nombre des résolutions et recommandations issues de cette rencontre, on peut noter : faire épurer les déchets d’eau issus de l’usine d’huile de palme ; faire un inventaire des eucalyptus dans les bas fonds ; sensibiliser les populations sur les méfaits des eucalyptus par les comités locaux de développement ; orienter les populations vers des plantes de substitution ; promouvoir les pépinières et la culture de raphia ; former les jeunes agriculteurs à l’utilisation des pesticides et la mise sur pied d’un comité de suivi desdites résolutions à travers une plate-forme de concertation.

Atelier très participatif

Le projet P-Semrer qui a vu le jour en 2013 et est coordonné par Antoine Sime, est né du constat selon lequel l’eau, une source vitale est en voie de disparition dans le village Bayangam, à cause du tarissement des zones marécageuses. Au banc des accusés, les changements climatiques mais aussi des pratiques agricoles anarchiques détruisant les marécages et les forêts de raphias fortement mis en cause. Ajouté à cela la prolifération anarchique des plantations d’eucalyptus fortement soupçonnée qui consomme quotidiennement d’importantes quantités d’eau. D’où la détermination du Cipre d’agir, avec la participation concertée de toutes les forces vives de Bayangam et de tout bienfaiteur, dans une perspective de sauvegarder cette source vitale qu’est l’eau, et partant, de maintien de la vie à Bayangam.

Photo de famille avec le chef Bayangam

Blaise Nzupiap, à Bayangam
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