Le rôle des chefs de villages

mougoPoaDjo.jpgLe Chef du village, autorité traditionnelle, joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement du système. Il est le gardien des traditions, le monarque doté des pouvoirs spirituels et magico-réligieux. La chefferie est une organisation traditionnelle composée principalement du Chef et de ses notables, ce sont eux qui assurent la gestion du pouvoir traditionnel (gestion des conflits, organisation sociale, gestion foncière, promotion de la solidarité, religion traditionnelle, etc.).

Afin de galvaniser “ses enfants” et les amener à s’impliquer dans le développement socio-économique du village, le Chef du village fait régulièrement des tournées dans les villes du pays et même au-delà des frontières nationales. Ces tournées ont pour principal but de sensibiliser les ressortissants du village concerné sur la nécessité de participer (financièrement ou par don de matériel) au développement du village.

Le terme “Elites” peut prêter à confusion. Il ne s’agit pas d’une caste d’aristocrates intouchables qui écrasent les autres. Dans les villages de la province de l’Ouest, une Elite est une personne qui dispose de capacité financière et intellectuelle, une personne qui s’engage à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des personnes d’un village avec qui elle a une histoire (origine de ses parents, lieu de sa naissance, lieu de sa vie, etc.). De ce point de vue, “Elite” peut être un titre plutôt élogieux.

La mobilisation des ressources

Des donateurs dans un élan de solidarité avec les villages
Depuis les indépendances, on a observé de nombreuses initiatives collectives orientées vers la réalisation des actions communes dans les villages. Au départ, les moyens utilisés étaient la force de travail, la contribution en matériaux locaux et quelques fois des apports financiers. Puis les pratiques ont changé pour épouser l’air du temps. De nos jours, les cotisations (apport financier par les membres d’une communauté selon un montant fixé au préalable ) constituent l’essentiel de la mobilisation des fonds nécessaires à la réalisation des actions communautaires.

Ces cotisations sont complétées par des produits manufacturés et des dons (matériel et financier) des personnes appelées “Elites”.
La solidarité des populations urbaines pour les zones rurales s’est progressivement organisée autour des CDV. A travers les CDV, des masses monétaires importantes sont investies en zones rurales. L’enquête menée par le Zenü Network montre que des sommes allant de 10 millions à 150 millions de Fcfa sont collectées et dépensées chaque année par les CDV, de l’argent destiné au développement des communautés villageoises.

A titre d’illustration, les ressortissants de la communauté de Fongo Tongo dans le département de la Ménoua ont mobilisé en 2004, 85 millions de Fcfa pour le développement de leur groupement, tandis que pour la même année, la communauté Batcham dans les Bamboutos avait un budget de 55 millions de Fcfa. Les taux de cotisation varient d’un village à l’autre, le critère de fixation prend en compte le sexe, la catégorie sociale, le lieu de résidence et les capacités financières des personnes.

sommaire  precedent.png next.png

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

NOUS CONTACTER

Merci d'utiliser le formulaire ci-dessous pour nous contacter.

En cours d’envoi

©2020 Zenu Network | Zenu.org

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?