Le regard du CRDI sur la plate-forme

Dr Dabiré Ernest en ‘‘consultation’’ dans l’aire de santé de Bamendjou

Le Docteur Ernest Dabiré, Spécialiste de Programme Principal Gouvernance, Equité et Santé du Bureau Régional pour l’Afrique Centrale et Occidentale (BRACO) du Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) a séjourné à Bamendjou du 31 août au 2 septembre 2008.

C’était dans le cadre du projet de recherche-action participative « Conception d’un partenariat local pour des services de santé de qualité au niveau d’une collectivité territoriale décentralisée » en cours dans la commune de Bamendjou.

La visite du Dr Dabiré s’est voulue être non une évaluation au sens classique du terme, mais une occasion de vivre en direct l’état d’avancement du projet, de dialoguer avec les acteurs et d’envisager les perspectives. Tout a commencé par une rencontre dans les locaux de la commune de Bamendjou avec quelques acteurs de la plate-forme, en présence du deuxième adjoint au maire chargé des affaires sociales et culturelles, M. Fossi et des membres de la coordination du Zenü Network, de l’équipe de D.K. International, et des journalistes membres du Club Média Ouest (CMO).

Après le souhait de bienvenue au Dr Ernest Dabiré et aux autres visiteurs, le Maire a présenté la Commune de Bamendjou en s’appuyant principalement sur les aspects de la santé de la population. Il a relevé que la plate forme en construction est une innovation qui certainement apportera une pierre à l édifice de développement de la commune.

Quant au Dr Dabiré, il a d’abord présenté le CRDI, une agence de Coopération Canadienne orientée vers la Recherche pour le Développement. Il a ensuite précisé que sa visite s’inscrivait dans le cadre de la supervision des activités projet actuellement en cours au sein de la commune de Bamendjou dont il a espéré que l’aboutissement permettra de formuler des propositions de mise en œuvre de la décentralisation dans le secteur de la santé.

Il a aussi souhaité qu’au terme de cette phase pilote, les leçons tirées par le Zenü Network et les données à capitaliser (sur les éléments déclencheurs, l’analyse des parties prenantes, les opportunités, les difficultés pour la mobilisation sociale, la mise en place et le fonctionnement d’une plate forme santé, etc.) puissent permettre une extension ou une duplication du processus ailleurs.

Par la suite, quelques difficultés de terrain ont été passées en revue. Il s’agit de l’absence des frais de déplacement pour les acteurs pendant les réunions de la plate forme ; des problèmes internes de la commune notamment les désaccords entre le conseil municipal et le receveur municipal ; de la réticence de certains acteurs à communiquer, etc.

Institutionnaliser la plate forme ?

L’institutionnalisation de la plate forme a constitué un point important au cours des échanges. Sur ce sujet, les avis étaient divers. Trois formules ont été envisagées : l’institutionnalisation administrative, politique ou alors à travers l’espace communal. L’institutionnalisation politique et administrative permettent à chaque acteur de jouer pleinement son rôle ; mais l’application et l’acceptation des décisions seront difficiles pour certains.

Par ailleurs, cela requiert d’énormes ressources humaines et financières propres à la plate forme. Par contre, l’institutionnalisation à travers la commune ne compromet pas la légitimité de la prise de décision du fait de la forte participation de la population et nécessite peu de ressources.

Il est cependant nécessaire d’établir les mémoires de la plate forme par les écrits et la participation effective du secrétariat général de la commune pour pérenniser les acquis par-delà les changements des équipes municipales, inévitables en démocratie.

Enfin une réflexion sur le « concept santé » devrait être menée au sein de la plate forme, réflexion dont les conclusions pourront éclairer la commune dans son projet de création d’une commission directement liée à la santé et différente de celle qui existe actuellement. Par ailleurs il est nécessaire que cette commission soit aussi globalisante que possible pour refléter le slogan « santé par tous » en vigueur au Cameroun.

La visite du Dr Ernest Dabiré s’est poursuivie par une descente au Centre de Santé Intégré (CSI) de Bameka. Sous la conduite du chef de ce centre, M. Daba Georges, M. Dabiré a pu observer de près les réalités du secteur de la santé et écouter les espoirs que les acteurs placent dans le fonctionnement de la plate forme. La venue du président du Comité de Santé (COSA) de Bameka, Joseph Wetsing, a permis pendant les discussions qu’ils égrainent le chapelet des difficultés : l’opacité de la gestion des fonds de solidarité ; la mise en œuvre approximative de toutes les politiques de santé publique ; l’absence d’un Chef du Bureau Santé au Service Santé de District ; les difficultés liées au fonctionnement des COSA.

Recherche action

La rencontre du Dr Ernest Dabiré avec la commune lui a permis de réaliser l’engagement de la part de celle-ci à travers les dispositions prises à l’endroit de la plate forme et le dynamisme du chef de la commission des affaires sociales et culturelles. Les autres acteurs rencontrés, dont la diversité reste pertinente, sont mobilisés et engagés à impulser une dynamique forte au sein de la plate forme.

Cependant un effort reste à faire pour leur expliquer la différence entre des projets d’intervention et de recherche. C’est ce qui est ressorti de la rencontre entre M. Dabiré et les membres de la coordination de Zenu Network.

Par ailleurs, une réflexion sur le concept santé doit être menée au sein de la plate forme, avec une attention particulière à son élargissement à d’autres secteurs connexes comme l’agriculture, l’environnement, l’hydraulique villageoise, l’assainissement etc. Cette redéfinition la santé devra inspirer la réflexion en cours au sein de la commune Bamendjou sur la nouvelle commission santé.

Le projet doit travailler sur deux aspects importants à savoir la qualité des services de santé de base et le processus de mise en place et de fonctionnement de la plate forme en relation avec la décentralisation. Ce dernier aspect fera ressortir les connaissances à travers des études de cas, des récits, des exemples positifs ou négatifs.

Une rigueur scientifique est nécessaire tout au long du processus. Cela doit s’observer par l’utilisation d’outils qui obéissent à cette rigueur. Au besoin, le projet fera appel à un «académicien».
La gestion des ressources dans le centre de santé intégré visité est handicapée par une absence de prévisions de budget et l’utilisation des fonds de solidarité.
Les COSA doivent être restructurés et bénéficier du renforcement de leur capacité.

La gestion des informations et le personnel manquant au service santé de district sont aussi des problèmes.
Toutes ces difficultés doivent amener au cours du projet à décider à l’avance sur les comportements à changer, pour lesquels il faudra établir des indicateurs et outils de collecte desdits comportements (Mémoire de Changements).

Les retombés du projet pour la population seront entre autre : l’amélioration des soins ; la compréhension du fonctionnement du système de santé ; le renforcement des capacités par apprentissage collaboratif ; enfin, l’amélioration de la communication.
Les résultats obtenus pendant le projet ne seront applicables qu’avec la participation effective de tous les acteurs ; notamment le ministère de la Santé par son sectoriel-le service santé de district.

Le partage et/ou la communication des résultats de la recherche avec d’autres partenaires importants du secteur santé au Cameroun suivi du plaidoyer permettra que ceux-ci exercent alors lobbying, plaidoyer et pression au haut niveau de l’Etat pour l’application desdits résultats.

Perspectives

Le défi est celui d’une plate forme qui trouve d’elle-même les solutions aux difficultés rencontrées. Cependant, a promis M. Dabiré, le CRDI peut servir de médiateur pour atteindre d’autres partenaires financiers capables d’accompagner des projets d’interventions identifiés avec la plate forme.

Enfin, grâce à l’accompagnement du Dr Ernest Dabiré, le Zenü Network pense mener à bien cette phase qui se veut pilote. En perspective, une extension à d’autres CTD et une diversification contexte permettront de confirmer le concept de plate forme.

A cet effet Dr Ernest Dabiré a promis envoyer au Zenü Network les critères de la Banque Mondiale sur la bonne gouvernance afin que le choix des éventuelles communes soit pertinent et scientifiquement justifiable.
Profil des acteurs de la plate-forme

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