Le comité de développement sur la sellette

Fofou Fopetio Claude (Dignitaire traditionnel) :

« Que la commune sollicite le comité de développement pour la participation des populations »

Il s’appelle Fofou Fopetio Claude ; il est sous-chef à Bamekombo. Ancien directeur de la Coopérative des planteurs des Bamboutos(CAPLABAM), ce diplômé de l’Ecole de gestion de Paris et de l’Institut des relations internationales de Tel Aviv plaide pour une meilleure implication des comités de développement dans le dispositif communal.

Quel est sentiment au sortis de cette rencontre sur le budget participatif ?

C’est une bonne chose que la commune ait pensé à associer les populations à la gestion de la commune, en leur posant directement la question de savoir quels sont leurs desiratas. Evidemment, nous sommes au début. Avec le temps les choses vont mieux s’organiser, comme la multiplication des pareilles rencontres où les gens ont l’opportunité de s’exprimer.

Voulez vous dire que la commune ne vous consulte pas à travers des rencontres ?

Pas officiellement, j’ai été président du CDV à Bamenkoubo du temps du maire Njipab. Il sollicitait le comité de développement pour que nous apportions notre appui en vue de la réalisation de certains projets de la commune. Je connais au moins deux ponts qu’on a réalisés. Le comité agissait au nom des membres avec leurs cotisations, pour dire que quand le comité participe, les populations ont participé.

Vous plaidez donc pour que le CDV joue un rôle plus important ?

Si les populations n’arrivent pas à participer à la réalisation d’un projet qui a été retenu dans leur localité, puisqu’elles cotisent déjà au niveau du CDV, en faisant recours à ce comité, on a la participation de la population. Si la mairie doit réaliser une salle de classe, au lieu que cela traine parce que les populations sur place n’ont pas pu cotiser, le CDV est mieux placé plus que quiconque au niveau d’un groupement pour donner l’apport des populations.

Quelle forme de collaboration entreprenez vous entre la commune et les CDV ?

Cette relation a toujours existé. A un moment, il était question que la commune collabore avec les CDV pour faire remonter les désidératas des populations. Et puis il y eu toutes sortes d’incompréhensions. Mais je pense qu’il n’y a que le CDV pour mieux les exprimer et même planifier leur réalisation. Maintenant que c’est la mairie qui planifie et veut faire appel à population pour cotiser, au cas où les populations n’ont pas les moyens pour apporter leur quotte part, il faut saisir le CDV.

Posons la question autrement : y a-t il un cadre de concertation entre la commune de Mbouda et les CDV ?

Actuellement, c’est le moment des rencontres des comités partout. Le mairie est toujours invité ; le sous- préfet aussi. Généralement au niveau du comité, on a l’habitude de dire ce que la Mairie à réalisé pour le groupement, ce que l’Etat a réalisé. Mais pour ce qui est du cadre de concertation formel, il n’y en a pas. Cela n’empêche pas comme je l’ai dit que le CDV soit le palliatif pour ce qui est l’apport des populations à la réalisation des différents projets.

M. Wadji (1er Adjoint au maire de Mbouda )
«Que les comités de développement et les élites se rapprochent de la commune »

M.Wadji, 1er Adjoint au maire de Mbouda
Pour cet élu local, c’est au CDV de faire le pas vers la commune.

Vous venez de tenir une rencontre de concertation avec les des présidents de comités de concertation sur le budget participatif. Comment jugez-vous la rencontre ?

Je suis très satisfait, parce qu’il est question d’associer les populations, de les amener à comprendre qu’elles sont incontournables dans la réalisation et le suivi de nos différents projets. Des occasions comme celle-ci sont d’une grande importance pour qu’aucun des maillons de la chaîne ne se sente négligé. Nous avons au cours de la rencontre, montré quel est le rôle des populations dans le processus du budget participatif dans la commune. C’est pourquoi nous avons fait élire au niveau de chaque groupement des délégués qui désormais représenteront les populations au niveau de la commune.

Il a beaucoup été question au cour de la rencontre de la participation des population. Sur quels leviers comptez- vous actionner pour obtenir cette participation ?

Nous comptons sur la sensibilisation. Il n’est pas encore donné a certains citoyens et citoyennes de contribuer spontanément à la réalisation des projets qui les concernent. Ils se demande toujours pourquoi on ne le faisait pas avant, pourquoi on ne les sollicitait pas. A chaque fois que nous aurons l’occasion, nous ne manquerons pas de leur rappeler que leur participation est incontournable si nous voulons un développement durable.

La commune vient d’adopter son plan de développement. Or, les élites et les comités de développement décident et réalisent des projets selon leur propre agenda, et c’est une forme de participation. Qu’est-ce que vous faites pour les rapprocher de la commune afin d’agir en synergie ?

Ce n’est pas mauvais d’investir à quelque niveau que ce soit. Il est question que désormais, ces différentes réalisations cadrent avec notre PCD qui reflète les besoins réels des populations. Nous avons recruté un organisme d’appui local(OAL) qui est descendu dans toutes les localités dans le cadre du diagnostic sectoriel village. A cette occasion, cet OAL a relevé les besoins des populations et ce sont ces besoins qui sont consignés dans notre PDC validé par l’autorité du tutelle. Ils est donc aujourd’hui hors de question qu’une réalisation où quelle soit ne cadre pas avec ce PCD. Nous réalisons de façon coordonnée les projets qui vont améliorer le cadre de vie des populations.

Vous avez annoncé le financement par le PNDP de 4 projets dans le secteur de l’éducation dans 4 groupements de la commune. Quels sont les critères qui ont prévalu au choix dans ces projets ?

Ce sont les projets de la commune de Mbouda. Pour les choisir, cela est passé par une délibération du conseil municipal. Les conseillers municipaux ont décidé de commun accord que ces projets devraient commencer quelque part. Après ces 4 premières localités, on passera à d’autre localités.

Mme Manike Chanceline(Membre du comité de concertation de Bamessigué)
« Merci à Monsieur le Maire d’avoir pensé à notre quartier »

Chanceline Manike, citoyenne de la commune de Mbouda

Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

Je suis ménagère et couturière. Je viens du village Bamessingué

En quoi consiste votre rôle de membre de comité de concertation ?

Je suis vice- présidente du CC de Bamako Bamessingue. Mon rôle est de regrouper les membres du comité de développement de Bamako pour rechercher les problèmes de mon quartier. Si la commune a quelque chose à fournir, je vais aller transmettre le message du quartier de la commune et en retour je serais capable de transmettre le message de la commune au quartier.

Quels sont les principaux problèmes de Bamako ?

Nous avons beaucoup de problèmes, mais le plus important c’est la route. Nous avons besoin d’une route pour arriver au quartiers et après nous voulons l’hôpital.

Vous sortez d’une réunion où l’on parlait de budget participatif. Quel est votre sentiment ?

Je ressens que la commune de Mbouda est en train de vouloir nous aider. Nous sommes contents. Je remercie M le maire d’avoir pensé à notre quartier et à nous- même.

Entretiens menés à Mbouda par Ben N’diaye
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