Le centre de santé intégré de Baméka

Nous sommes allés à la rencontre de quelques acteurs de plate-fome. Visite guidée du centre de santé intégré de Djut Baméka.
Ce qui frappe lorsqu’on arrive au centre de santé intégré de Baméka, c’est la propreté des lieux. Des sapins bien taillés dressent une sorte de haie d’honneur au visiteur de l’entrée jusqu’au bâtiment principal. Créé en 1954, ce centre a fière allure avec ses trois bâtiments dans un environnement où les centres de santé semblent plutôt se bousculer.

Il y en a six au total (publics et privés) dans le périmètre, mais ici on prétend faire mieux et plus que tous les autres. D’abord par les services offerts : maternité, pédiatrie, vaccination, petite chirurgie, laboratoire, hospitalisation homme et femme. Une pharmacie communautaire offre l’essentiel des médicaments de base à des prix abordables.

En plus, le centre abrite une Mutuelle de santé. Pour y adhérer, il faut débourser 1000 F. Les cotisations s’élèvent à 4230 par an. Le membre à jour a droit à la prise en charge de quatre épisodes de maladie par an après une période d’observation de trois mois. Concrètement, la mutuelle prend en charge 50 % des frais de laboratoire, 15 % à 50% des frais des médicaments.

Pour ce qui est des femmes enceintes, la mutuelle prend en charge 100 % des frais de consultation prénatale, les examens, l’accouchement et les multi vitamines, 70 % des frais des médicaments. Les prestations de cette mutuelle sont appréciées par les bénéficiaires et pour en faciliter l’accès et le fonctionnement, le chef du CSI de Bameka a mis une salle à la disposition de la mutuelle qui compte environ 600 membres.

Le CSI de Bameka entretient un dialogue et une collaboration avec la médecine traditionnelle. Des patients sont référés au centre par les tradipraticiens auxquels les responsables du centre font recours en cas de besoin. Ceux-ci ont une association et participent activement aux rencontres convoquées par le responsable du Centre ou par le président du Comité de santé.

Mais le CSI souffre aussi cruellement du manque de personnel et de l’absence de moyens de fonctionnement. Les quatre murs en parpaings des toilettes sont sans toit ni porte, mais les lieux sont tout de même assez propres ; des contrevents permettent de cacher l’intimité de ceux les utilisent. Le Centre doit puiser dans ses maigres rentrées pour payer le personnel communautaire et pour contribuer au Fonds de solidarité dont personne ne sait comment il fonctionne.

Le personnel est au nombre de six dont quatre sont communautaires. Les membres du comité de santé (COSA) élus pour deux ans sont pratiquement en fin de mandat sans formation. Le Centre ne reçoit pas de subventions ; plus grave, des vaccinateurs de la dernière campagne réclament encore leurs primes, après avoir abattu un dur labeur à travers les pistes sinueuses du village.

Mais le chef du CSI de Bameka est mû par une volonté à toute épreuve : « Nous nous battons pour trouver des solutions à notre portée à nos problèmes, non toujours attendre. Autant que nous pouvons, nous accueillons bien ceux qui viennent, parce que nous sommes un centre de santé de village et parfois les gens ont parfois juste besoin d’être écouté ou de recevoir des conseil ».

La qualité de l’accueil, c’est d’ailleurs ce que relèvent les quelques patients que nous avons rencontrés lors de notre passage : « Ici on est très bien traité par les infirmières. On s’occupe de toi et on te demande chaque fois si tu vas mieux ». Il faut enfin signaler que Bameka a une population d’environ 16 000 habitants. Le Centre de santé intégré de cette localité est un centre d’application de l’Ecole des infirmiers diplômés d’Etat de Bafoussam.

3è rencontre de la plate-forme

Dans le cadre de la « plate forme santé », les acteurs du secteur de la santé de l’aire de santé de Bamendjou se sont retrouvés le 26 septembre 2008 dans la salle des délibérations de la commune dans le cadre leur 3è rencontre mensuelle.

Ouverts par le deuxième adjoint au maire, les travaux ont permis aux participants de s’informer mutuellement l’état d’avancement du projet et de planifier les actions à entreprendre. Parmi les problèmes prioritaires de santé dans la commune abordés, les difficultés d’accès à l’eau potable ont retenu l’attention des membres de la plate forme.

En effet, l’utilisation des eaux impropres est l’apanage des populations de la commune de Bamendjou. Conséquence, les maladies hydriques constituent les principales causes de prise en charge dans les formations sanitaires. A partir de l’analyse des difficultés d’accès à l’eau potable dans la commune, des propositions ont été faites et regroupées comme suit :

  • Actions d’aménagement/investissement : création des points d’eau ; construction de bornes fontaines ;
  • L’aménagement des sources ; assainissement autour de tous les points d’eau ; réhabilitation des systèmes d’adduction d’eau hors usages.
  • Action d’éducation, de sensibilisation et de formation :éducation sanitaire ; mise en place des comités de suivi des points d’eau et leur formation aux techniques de gestion des points d’eaux ; formation aux techniques de traitement de eaux (puits, rivières, sources, pluies) ;
  • construction des WC.

Action de mobilisation et d’information

L’information
et la mobilisation des élites ; implication des media (CRTV, Radio rurale Foutouni, Radio Batcham, Radio rurale des Hauts-Plateaux, etc.) ; information et la sensibilisation de la population à travers les tournées dans les quartiers.
Les attentes des acteurs de la plate forme vis-à-vis de la Commune de Bamendjou ont porté sur la création d’un bureau technique pour l’eau.

Ce bureau veillera, entre autres, au respect des normes et procédures de création des points d’eau ; à l’implication de la population au choix des lieux de création des points d’eau et veiller à la participation des populations ; au suivi des investissements et aménagements hydrauliques ; à l’aménagement des points d’eau ; à la réalisation de la carte communale des sources d’eau potable et non potables.

Par ailleurs les acteurs ont demandé le concours du premier Adjoint au Maire pour la mobilisation des élites de la commune (et Bahouan en particulier) et surtout le suivi du projet d’adduction d’eau de Bahouan.

Les participants ont terminé leur renconte par le partage de qualques informations générales. Dans une perspective d’amélioration de la participation, la commune s’est engagée à prendre en charge les frais de transport des acteurs de la plate forme santé à partir la réunion du mois d’octobre 2008. Une nouvelle expérience de couverture des risques maladies va voir le jour dans la commune de Bamendjou.

Une réunion préparatoire à la sensibilisation de la population sera tenue à la commune après une descente vers les différentes aires de santé pour identifier les équipes de sensibilisation. Un Avant projet portant loi cadre sur la couverture du risque maladie est en examen à l’Assemblée Nationale.

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