La LDL et DC font le point à l’Ouest

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’homme, un point de presse conjoint a été organisé par Dynamique Citoyenne et la Ligue des Droits et Libertés (LDL) au siège de cette dernière.

 L’équipe de la LDL et de DC


Des hommes et femmes de medias de la ville de Bafoussam et une brochette d’Organisations de la société civile étaient présents le lundi 12 décembre 2016 au siège de la LDL sis au carrefour Printemps à Bafoussam. Il était question, à l’occasion du 66ème anniversaire de la célébration de la journée internationale des droits l’homme, de présenter l’état des droites de l’homme dans certaines parties du pays, actualité de l’heure oblige. Le slogan retenu pour cette année est «Défendez les droits de quelqu’un aujourd’hui». Dans son message, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, invite chaque citoyen du monde à «s’engager pour garantir les libertés fondamentales et protéger les droits humains de tous».
D’entrée de jeu, les panélistes, Charlie Tchikanda de la LDL et Augustin Ntchamandé de Dynamique Citoyenne, ont eu à projeter une série d’images, avec commentaires à l’appui, afin de planter le décor. C’est le lieu de citer les images relatives aux routes, la pollution de l’air par des usines implantées dans des quartiers résidentiels, l’évacuation non canalisées des eaux usées, le conflit foncier de Tchada entre un opérateur économique et la communauté Bororo et les émeutes de Buéa et Bamenda. Pour ce qui est de 2016 plus particulièrement, il est ressorti de la présentation des exposants qu’il y a eu de multiples atteintes aux droits civils et politiques recensés au Cameroun en général et dans la région de l’Ouest en particulier. On peut énumérer : Les traitements cruels, inhumains et dégradants exercés par les forces de maintien de l’ordre, de défense et de sécurité sur les manifestations à mains nues dans les deux régions anglophones du pays, notamment à Bamenda, Buea et Kumba ; les arrestations et détentions arbitraires dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, des revendications politiques et sociales ; de longues durées des détentions provisoires ; les interdictions répétées des réunions et manifestations publiques suivies des répressions et les atteintes à la liberté de presse.

Une vue des panélistes et des journalistes

Au sujet des droits économiques, sociaux et culturels, il a été souligné les atteintes au droit à la propriété foncière, avec en prime les expropriations et évictions forcées par l’État ; les accaparements des terres par les multinationales avec la complicité des élites ; les atteintes à la fortune publique et la corruption. Ici, une étude de la Conac montre qu’en 2016 dans la région de l’Ouest, les efforts pour éradiquer le phénomène de la corruption se situent seulement à 37,14%. Le racket des usagers de la route par les policiers, les gendarmes, le personnel du service de transport chargé de la prévention routière et les agents municipaux n’a pas diminué. Il faut ajouter à cela le paiement de la taxe foncière qui est conditionnée par le versement d’une somme de 5000 Cfa, prétendument destinée à la délivrance de l’attestation de localisation de l’immeuble.
Toujours au sujet de la corruption, à en croire les panélistes, citant Zenü Network, la typologie de la corruption en milieu scolaire est variée à savoir : le monnayage des sanctions et des notes, le monnayage des absences, le harcèlement sexuel, l’arnaque et le trafic d’influence… Les statistiques de l’année scolaire 2015-2016 relèvent qu’environ 47 cas de corruption ou tentative de corruption ont été dénoncés de décembre 2015 à avril 2016. 17,02% sont liés au monnayage des sanctions et des notes, 12,76% au harcèlement sexuel et 8,51% au monnayage des absences. Les entraves à la liberté de circulation qui se manifestent par l’état de dégradation très avancé des infrastructures routières urbaines et intra-urbaines, la vétusté du chemin de fer à l’origine de la catastrophe d’Eséka au mois d’octobre, le désordre urbain et la délivrance insuffisante des services sociaux de base aux populations qui se traduit par les coupures intempestives et récurrentes de l’énergie électrique et de la fourniture en eau potable. L’insuffisance de l’offre en éducation et en santé n’est pas du reste.

Une attitude des journalistes pendant les échanges

Les faits soulignés ci-dessus contrastent pourtant avec le retour au pluralisme politique en 1990 qui a vu l’État camerounais souvent proclamer sa volonté politique de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme. C’est ainsi qu’il a ratifié plusieurs instruments internationaux de protection des droits de l’homme, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte Internationale relatif aux Droits Civils et politiques, le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants. Si l’on se réfère à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, «il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression». Des échanges avec les hommes et femmes de medias et les représentants de la société civile, il ressort que des actions à mener sur le terrain par la société civile, un accent sera mis sur l’information, la sensibilisation et l’éducation des citoyens sur leurs droits et devoirs. La société civile ne pouvant pas tout faire à la place de l’État.

La rédaction
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