Genèse du comité de développement du village (GCDV)

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Le CDV est une structure qui fait son apparition dans la province de l’Ouest pendant les années 1960. La bataille entre la coalition des forces armées françaises et camerounaises contre les nationalistes de l’Union des Populations du Cameroun lors des luttes d’indépendance, a causé des destructions et des incendies des villages, provoqué des pertes en vies humaines et désorganisé les structures villageoises. Les premiers CDV étaient constitués autour des Chefs de villages pour reconstruire les chefferies et ouvrir les routes.

De nos jours, le comité de développement est une structure ayant la mission de promouvoir le développement d’un espace donné (village ou groupement de villages) en utilisant toutes les ressources internes et externes. Les membres du CDV sont les personnes vivant dans la localité concernée et celles qui sont originaires (ou se réclamant) de cette même localité, mais vivant dans d’autres villes et même hors des frontières camerounaises. La qualité de membre se matérialise souvent par la délivrance d’une carte de membre après le paiement des cotisations.

Caractéristiques et fonctions du CDV

Le CDV est reconnu par tous les acteurs de développement de la localité concernée (ménages, familles, groupements paysans, chefferies traditionnelles, autorités publiques, services déconcentrés de l’Etat, leaders politiques et religieux, etc.). Dans son fonctionnement il œuvre de manière à susciter l’adhésion, fédérer l’ensemble des acteurs autour d’une vision partagée et d’une ambition commune. Il engage des activités d’amélioration des conditions de vie des populations en usant de toutes les possibilités existantes.

Le CDV est un partenaire des différentes organisations paysannes (OP). Du fait de sa relation avec les personnes nanties appelées “Elites”, il contribue à la recherche des appuis financiers pour les activités des OP. Sa proximité avec les autorités traditionnelles fait de lui un médiateur lors des activités de gestion des conflits entre les acteurs du village. L’implication des CDV dans les activités de lobbying, de formation, de construction des infrastructures et d’apport en intrants agricoles influence fortement les activités de développement exécutées dans sa zone. Cette présence fait d’un comité de développement fonctionnel le porte parole des OP, groupements et autres associations du village.

Les modes de fonctionnement des comités de développement sont très variés. Dans certaines localités, il existe des comités de développement très dynamiques, avec des représentations jusqu’au niveau des quartiers. Ailleurs, les comités de développement sont des structures fantoches, des coquilles vides. Entre ces deux extrêmes, on rencontre toutes les variantes possibles, avec une constante pour la grande majorité : le comité de développement est une structure intégrée à laquelle les habitants des localités concernées se réfèrent. Ses caractéristiques sont les suivantes :

  • il a une vocation de développement et est reconnu comme tel par les habitants
  • il intègre toutes les couches sociales d’une communauté (femmes, jeunes, vieux, pauvres, riches (élites), organisations paysannes, handicapés, autorités, immigrés, etc.)
  • il dispose d’une autonomie dans la planification des activités et la gestion de son budget bien organisé et fonctionnel, il est l’outil fédérateur des efforts d’une communauté
  • il peut impulser une dynamique citoyenne, garante de la bonne gestion de la chose publique
  • il peut promouvoir une démocratie participative à la base

Les organes de gestion du CDV varient d’un comité à l’autre. Par contre tous les CDV ont un bureau et des commissions. Le bureau est un ensemble de personnes volontaires qui acceptent de consacrer leur temps bénévolement au développement du village. Les commissions portent en général sur les aspects de la vie au sein de la communauté –santé, éducation, infrastructures, femmes et développement, sports et loisirs, culture, etc-. Le CDV est centré sur un village donné, mais dispose d’un réseau très développé.

Les connexions ont des ramifications qui touchent les familles dans les villages et hors du village concerné. Au plan structurel, les CDV ont des représentations dans les villages, dans certaines villes départements ciblés et dans les régions au niveau national, et même hors des frontières du Cameroun. Ce dispositif permet aux membres d’une communauté de garder le lien avec leur culture/terroir et sert aussi à mobiliser les fonds au profit du village concerné. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir les émigrés d’Europe ou d’Amérique participer aux événements culturels et/ou contribuer à la construction ou l’équipement des structures éducatives et/ou sanitaires dans un village.

Chaque année, sous l’impulsion de son bureau, le CDV organise entre les mois d’août et septembre, pendant une à deux semaines, un congrès qui rassemble tous les fils et filles de la communauté. Ce congrès est un forum qui permet à la communauté de faire le bilan des activités, d’arrêter la programmation des prochaines activités, d’identifier les sources de financement et de choisir les responsables. Toutes les instances du CDV sont présentes ou représentées lors de ce congrès. Il faut encore souligner que les responsables choisis n’auront pas de salaire, ce sont tous des bénévoles au service de leur communauté.

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