Comment la population perçoit les soins de santé

Malgouvernance

Le projet de recherche-action participative de la « conception d’un partenariat local pour des services de santé de qualité au niveau d’une collectivité territoriale décentralisée » en cours dans la commune de Bamendjou voudrait arriver au développement d’un mode alternatif de gouvernance locale dans le secteur de la santé.

Cette alternative s’appuiera sur les éléments de la satisfaction de la population et des acteurs des services de soins de santé dans son ensemble.
Pour avoir la perception de la population, une enquête a permis de collecter des données obtenues grâce à un guide d’entretien. Articulé autour de sept axes, le guide portait sur les éléments suivants :

L’accès aux services qui est une dimension de la perception de la qualité et qui recoupe les barrières aux services de soins. Les aspects explorés sont d’ordre géographique, économique, social, culturel, religieux, organisationnel, logistique, et communicationnel.
Les compétences techniques qui se rapportent à l’aptitude et à la performance des prestataires de santé, des gestionnaires et du personnel de soutien. Les aspects et points d’attention sont les suivants : prise en charge, résultat des soins, accès aux soins, type de soins possibles ou non dans l’unité de soins, la satisfaction du personnel soignant.

L’efficacité renseigne sur l’adéquation entre les procédures et traitements correctement appliqués et les résultats finaux, cela en tenant compte du contexte où il est administré.
L’efficience renseigne sur l’adéquation entre la prise en charge et les normes.

La continuité permet de voir si la population peut recevoir une gamme complète de services de santé dont elle a besoin chez le même acteur, sans interruption, cessation ou répétition inutile du bilan du diagnostic ou du traitement. Il s’agit aussi d’assurer par le biais des dossiers médicaux bien tenus la prise en compte des antécédents des patients. Cela passe aussi par l’acceptation du carnet par tous les acteurs de soins de santé.

L’innocuité renseigne sur la prise en compte de la protection du patient et du personnel soignant en rapport avec les risques d’ infection et de pollution.
L’agrément est la reconnaissance de l’exercice de l’activité médicale par les autorités compétentes. C’est un aspect non clinique mais qui augmente la satisfaction du patient ainsi que les chances de le voir revenir à l’avenir pour des soins dans le centre. L’agrément se rapporte aussi à l’apparence du centre et du personnel, du matériel ainsi qu’au confort physique, à la propreté et au caractère privé des lieux.

Malgouvernance

Les personnes rencontrées ont été recensées dans les catégories suivantes : hommes ; jeunes ; tradipraticiens ; femmes ; autorités traditionnelles ; handicapés ; Bororos ;vieillards ; personnel soignant ; autorités administratives ; comité de santé ; élus locaux.
Les descentes de terrain ont permis de discuter avec la population cible suivant les aspects du guide d’entretien.

Les entretiens ont été menés autour et à l’intérieur des formations sanitaires tout en couvrant les différentes aires de santé. Les données de terrain obtenues permettent de comprendre que la liste des problèmes issue des ateliers de la plate forme du 18 juillet 2008 n’était pas exhaustive, encore qu’elle ne regroupait principalement que des aspects directement liés aux services de soins.

Cependant, ces problèmes sont quelquefois causés par des actes de mal gouvernance comme la mauvaise gestion du patrimoine des CSI due à une insuffisance de contrôle et de prévisions ; l’insuffisance de traçabilité des crédits de fonctionnement ; le non respect des normes sanitaires en terme d’organigramme des formations sanitaires (l’exploitation des fiches de satisfaction du personnel soignant révèle que plusieurs formations sanitaires sont dirigées par des aides soignants) ; l’insuffisance quantitative et qualitative de personnel soignant ; le plateau technique inadéquat à la référence du centre ; les infrastructures inadéquates ; les insuffisances institutionnelles au niveau du district en ce qui concerne le bureau santé du district.

Par ailleurs, les structures de dialogue ne jouent pas leur rôle dont elles n’ont même pas conscience. Le dispositif de ces structures ne correspond pas aux desiderata de la population. La forte proportion du personnel communautaire, conjugué au non-respect du code du travail dans les aspects du SMIG, de la prévoyance sociale et du temps de travail, ont un effet sur les coûts des prestations dans les formations sanitaires publiques. Enfin, la mutuelle de santé ne dispose d’aucun mécanisme de soins préventifs et promotionnels.

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