Bandjoun s’offre un palais de justice

Victor Fotso remet les clefs du palais de justice au représentant du Minetat/MinjusticeLe 06 juin 2012, le centre administratif de Poumougne
était en effervescence a l’occasion de la remise officielle des clés du palais de justice de Bandjoun.


Le fait n’est pas coutumier et a suscité quelques amusements sous les tentes abritant le parterre d’invités à la cérémonie. C’est qu’il n’est pas
habituel, comme l’ont rappelé le maire de Bandjoun par la voix
de Mme Hélène Fokoua et Marcel Oyono Abah, magistrat
hors échelle, Procureur général après la Cour d’appel de la région
de l’Ouest-Cameroun, d’assister à la remise des clés d’un palais
de justice par une collectivité locale. Il fallait donc en inventer
le protocole.

Don gratuit ou onéreux?

M. Oyono Abah, représentait à cette cérémonie, Laurent Esso, le
ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des sceaux. Il a
saisi l’occasion pour remercier le conseil municipal de Pète Bandjoun que dirige Victor Fotso pour le don fait à la chancellerie. «Le don a la particularité qu’il peut être retiré. Nous pensons
que le maire Fotso et le conseil municipal de Pète-Bandjoun n’ont
pas donné d’une main pour reprendre de l’autre. Je sais aussi
que ce qui entre à la chefferie ne ressort plus; et comme il s’agit ici de la chefferie judiciaire, il ne ressortira plus. Le bon don est gratuit et généreux
»
, a-t-il affirmé.

Ces propos ont pris toute leur
signification le lendemain, 07 juin, lors de la session ordinaire
du conseil municipal de la commune de Pète-Bandjoun, car à
cette occasion il est ressorti que la commune attendait de régler
avec le ministère de la Justice les modalités financières du don fait
la veille. Ce qui a fait dire à Jacques Obaté, le préfet du
Koung-Khi qui présidait la session, que le conseil devait
prendre rapidement une délibération dans ce sens, afin de ne
pas laisser la situation prêter à équivoque.
Mais certains invités ont noté lors de la cérémonie ces propos
du maire, habituellement absents des cérémonies de dons
auxquels il a habitué les Camerounais: «Il est bon de garder
en mémoire que notre mairie, qui a des revenus modestes, veut faire de Garde des sceaux ne peut enlever la viande de la bouche d’un chien sans y remettre un os. Nous avons donc
décidé de céder entièrement ce bâtiment mis à la disposition de la chancellerie à travers le courrier n°08/066/C/CPB/SP/2011 du 21
septembre 2011 pour que le fruit de cette cession vienne apporter un peu d’énergie à la caisse de notre chère commune. A qui doit comprendre, peu de mots suffisent.
»

Ancien hôtel de ville
Le bâtiment offert abritait encore jusqu’en fin 2011 les services de
la municipalité. Il a été refait pour correspondre aux besoins
cette opération une pierre deux coups. C’est pourquoi, comme la
sagesse africaine le préconise, le d’un palais de justice. S’étalant
sur 796 m², il est divisé en trois parties: le siège avec le bureau
de la présidente des tribunaux de première et grande instances,
Mme Micheline Wonga Tiako, deux bureaux de juges, un secré-
tariat, 4 salles d’eau et une salle d’audience. Le parquet dispose
d’un bureau pour M. Max Lambert Ndema Elongue, le
procureur, qui a la particularité d’hériter de l’ancien bureau du
maire et est à ce jour le seul bureau équipé puisque le mobi-
lier n’a pas été déménagé; 2 bureaux pour ses substituts, 5
salles d’eau, un poste de police et une cellule. Quant au greffe, il
est composé d’un bureau pour le greffier en chef, une salle pour la
salle des scellés, une salle pour coffre-fort, 8 bureaux pour le
personnel non magistrat.

Une première indication laisse
penser que les premières audiences ne pourront pas se
tenir avant le 21 juin 2012, date à laquelle, les magistrats nommés
à la suite de l’ouverture des tribunaux de première instance de
Bandjoun et de grande instance du Koung-Khi par décret prési-
dentiel n°2012/120 du 15 mars 2012, devraient prêter serment.
D’ici à là, il faudra compléter les changements opérés sur le bâti-
ment réceptionné et la nomination, entre autres urgences, des
personnels du greffe.

Par Kamdem Souop

Marcel Oyono Abah: « Que ce qui a commencé
soit achevé »

Le Procureur général près la Cour d’appel de l’Ouest«Ce jour restera comme un jour mémorable dans le vil-
lage de Bandjoun et le département du Koung-Khi.
La justice est la pierre angulaire de oute construction nationale. Or, il me semble que les populations de Bandjoun aspirent à la paix et au développement. Vous êtes donc servies,puisque la justice s’est rapprochée de tous. Certains pensent que la justice est une
affaire de techniciens. Mais la justice est une vertu d’essence divine et chaque être humain porte en lui les germes de la justice qui le rendent sensibles à toute forme d’injustice. Nous vous invitons à observer et à
vivre la justice dans le département du
Koung-Khi.

Je voudrais rappeler que le magistrat n’est pas un extraterrestre. Mais, il a reçu en lui un appel particulier, celui de se prononcer sur les libertés, la fortune et les biens de ses concitoyens.
Cependant il reste un être humain, susceptible de se tromper, de commettre quelques erreurs. Il est toutefois animé
de désir de rendre justice, de corriger quelques torts.
Les magistrats sont indépendants dans leur fonction et leur nature. On ne les met pas la poche. Ils vont dire le droit et
rien que le droit. C’est maintenant à Bandjoun que vous
verrez vos fils et vos filles aller en prison. Mais c’est nécessaire quand ces derniers sortent du droit chemin. J’espère que mes collègues du Koung-Khi ne seront pas débordés.

Je souhaite rappeler que l’apprentissage du respect de la loi commence dans la famille. Les parents ont un rôle important à jouer pour que leurs enfants soient dignes, responsables et respec-
tueux de la loi. La chefferie traditionnelle ne doit pas
être un obstacle à la manifestation de la vérité. Le chef traditionnel doit collaborer avec la justice dont il est un maillon
essentiel, en sa qualité de président du tribunal coutumier.
Le don a cet inconvénient qu’il peut être retiré. Mais le bon don est gratuit et généreux. J’ai un souhait: que ce qui a commencé
soit achevé, notamment en termes de mobilier pour que les magistrats, en robe, tiennent les premières audiences.

Propos recueillis par KS
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