Améliorer le climat des affaires dans la région de l’Ouest grâce au dialogue secteur privé, Etat et société civile

Un portecontainer en mer. Qui a dit que les douaniers du port de Douala avalent déjà la saliveLe secteur privé souffre autant des méfaits de la corruption que le simple citoyen. Les prestataires et les fournisseurs de services et biens à l’Etat doivent se soumettre à la pratique de 20% de pourboire à verser aux agents de l’Etat.


De nombreux autres intermédiaires rançonnent les opérateurs économiques qui se trouvent contraints de payer des commissions aux fonctionnaires pour gagner les marchés ou pour obtenir le paiement de leur facture après la réalisation des travaux. La conséquence est que les ouvrages sont mal réalisés, les délais sont inutilement longs et finalement, c’est tout le processus qui est improductif. « Les détournements de fonds publics atteignent des proportions scandaleuses, s’alarmait la Conférence Episcopale des Evêques du Cameroun en 2008. Les projet de l’Etat sont mal réalisés ou restent inachevés. La corruption est à tous niveaux, dans tous les services et toujours sur le dos des plus pauvres ».

La corruption plombe les initiatives économiques ; elle freine la croissance qui devrait créer des emplois et générer de la richesse.
Le secteur privé des PME, PMI et de la grande industrie est fortement influencé par les structures étatiques qui doivent délivrer des autorisations, prélever des taxes et assurer des contrôles. L’Etat reste dans beaucoup de secteur la locomotive qui fait des commandes de biens et services, octroie les marchés et assure les paiements des réalisations. Bon nombre de firme ne survivraient pas si elles cessaient de travailler avec l’Etat.
Seulement, ce partenariat privé-public est gravement affecté par la corruption. Les formalités administratives sont sources de tracasseries ; les autorisations, les visas, les régulations sont essentiellement source de corruption ; quant à la fiscalité, elle est perçue par les opérateurs économique comme répressive, surtout pour ceux qui ne veulent pas jouer le jeu des pots de vins.

Les agents des impôts rançonnent jusqu’au plus modeste opérateur économique : il faut plusieurs certificats à un petit éleveur pour écouler son produit ; or pour les avoir, il faut payer le pourboire à ceux qui les délivrent.

444 jours pour créer une entreprise

Une étude du Groupement inter patronal du Cameroun(GICAM) a établi il y a quelques années qu’il faut 444 jours au Cameroun pour créer une entreprise, 10 jours pour expédier un conteneur EVP (équivalent vingt pieds.port de Douala et 51 pour en importer. Les syndicats des transports ont dénombré 26 papiers administratifs pour mettre en circulation un véhicule de transport de personnes ou de marchandises, 14 pour opérer une mototaxi ! Toutes formalités et procédures doivent être remplies avant de s’acquitter des taxes que prélèvent les mairies, les postes de péage routier et les contrôles de police, de gendarmerie, des agents forestiers, de la douane…A titre de comparaison, au Nigéria voisin, il faut moins de 72 heures pour décharger un navire porte-conteneurs transportant 500 conteneurs 40 pieds !

Les contrôles routiers

Il est de notoriété publique qu’ils sont essentiellement source de tracasserie, de perte de temps et de racket. Il arrive même que des opérateurs économiques, surtout ceux qui produisent des produits périssables (fruits et légumes, volaille, etc.) perdent leur cargaison entre le lieu de production et les grands centres urbains où ils doivent vendre leurs produits. On en dénombre une vingtaine sur des distances de moins de 50 km et chacun de ces postes, il faut donner la « pause ». Certains transporteurs de la république enclavée du Tchad font désormais transiter leurs marchandises par le port de Lomé au Togo ou de Cotonou au Benin à cause des tracasseries du corridor Douala-Ndjamena .
Les agents publics refusent d’appliquer la loi ou la distordent pour racketter l’entrepreneur. Cela provoque le découragement, la délocalisation ou tout simplement la faillite de certaines entreprises, synonyme de pertes d’emploi et d’extension de la pauvreté.

Or, c’est le secteur privé des PME et PMI qui est le principal vecteur de la création d’emploi et de la richesse et partant de la croissance.
Parce l’administration garde encore un grand pouvoir de réglementation, le plus obscur fonctionnaire reste toujours plus puissant que l’opérateur économique. Il importe donc, pour améliorer le « climat des affaires », que la société civile s’implique en tant porte-voix des populations qui aspirent au mieux-être, des jeunes qui veulent des emplois, et rapprocher les deux parties qui semblent se placer dans une logique antagonistes où entreprendre apparait comme un délit et l’Etat perçu comme un frein. Il est question de mettre en avant le rôle de l’Etat qui est celui de réguler et de faciliter les investissements pour le bien-être de toute la communauté. Améliore le climat des affaires par l’établissement des canaux de communication et de concertation entre le secteur privé, l’Etat et la société civile. Telle est l’objectif du plaidoyer que Zenü Network s’engage à lancer avec le soutien financier de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime à travers la vulgarisation de la Convention des Nations Unies contre la Corruption que le Cameroun a signée le 10 décembre 2003 et ratifiée le 6 février 2006.

Il s’agit donc pour une organisation de la société de mettre son expertise en matière de lutte contre la corruption au service du secteur privé. Il attendu au terme de ce plaidoyer la rédaction et l’adoption d’un code de bonne conduite de l’entreprenariat-gage de la croissance, de la création des emplois et de recettes fiscales pour l’Etat, la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre le secteur privé, l’administration publique et les organisations de la société civile.

André Marie YIMGA
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