Les maires dénoncent les résistances des préfets

C’était à la faveur de la table ronde organisée par le Club Media Ouest à l’occasion de la quatrième journée africaine de la décentralisation.

Le lundi 10 août dernier, les journalistes et communicateurs de la région de l’Ouest regroupés sous le label du Club Media Ouest ont saisi l’occasion de la célébration de la quatrième journée africaine de la décentralisation, pour regrouper dans la même salle et autour d’une table de débat, les élus locaux, les autorités de tutelle que sont les préfets et certaines sectorielles. Parce que l’année 2015 est présentée par les pouvoirs publics camerounais comme l’année de l’aboutissement des transferts des compétences, il était question pour le Club Media Ouest, d’évaluer le chemin parcouru. Et pour cette table ronde qu’abritaient les services du gouverneur de la région de l’Ouest et pour laquelle de nombreux élus locaux avaient répondu présents, on a assisté à un véritable procès des préfets, les autorités de tutelle, par les maires. Mesdames et messieurs les élus locaux, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition ont tous dénoncé, certes avec des tonalités différentes, les multiples formes de résistances orchestrées par les autorités de tutelle. Tous ces maires qui partagent la même infortune de devoir, au regard de la loi, soumettre les décisions du conseil municipal à l’arbitrage de l’autorité de tutelle, laquelle doit s’assurer que leurs décisions sont conformes à la législation en vigueur, ont tous reconnu que les préfets sont des véritables goulots d’étranglement à un aboutissement sain et harmonieux des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées.

En effet selon les maires, les préfets semblent habités par la phobie de perdre une parcelle de leur autorité et surtout de leurs privilèges. En conséquence, certains parmi eux ne ménagent aucun effort pour retarder à défaut de bloquer le transfert des compétences, compromettant par la même occasion les plans d’action des collectivités territoriales décentralisées. C’est pour cette raison que la Maire de la commune de Bangangté, Célestine Ketcha Courtes, qui à cette occasion s’est voulue un peu le porte parole de ces maires qui subissent en quelques sortes le zèle des préfets, a rappelé pour la gouverne de tous que « Les autorités de tutelle ne sont pas la hiérarchie mais doivent plutôt accompagner les maires et non les bloquer comme c’est le cas actuellement dans la commune de Bangangté ». Et pour cause, si tous les autres élus locaux en dénonçant les résistances des préfets sont restés théoriques et à la limite, superficiels, la commune de Bangangté, par la voix de son maire, Célestine Ketcha Courtes, constitue un véritable cas d’école.

Parlant sous le contrôle du premier adjoint préfectoral du département du Ndé qu’elle a cité plusieurs fois pour le prendre à témoin, elle a déploré le fait que le zèle de son autorité de tutelle ajouté à une mauvaise interprétation des textes ait coûté à sa commune la perte d’au moins deux gros contrats dans le cadre de la coopération communale internationale. C’est à juste titre qu’elle a rappelé sous les ovations des autres élus locaux et des citoyens présents à cette table ronde que le « Maire est le médecin des populations », il sait mieux que quiconque quels sont les problèmes et les besoins de ses administrés. Et pour lui permettre de répondre aux aspirations des populations et apporter des solutions à leurs différents problèmes, il est idéal que le transfert des compétences aille de paire avec le transfert des ressources financières.

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