Evody FEUGUE, Animatrice PJCC dans la Menoua

Evody FEUGUE

« Les chefs d’établissements dans le département de la Menoua, se sont efforcés pour la plupart à respecter les instructions ministérielles »


Dites- nous comment c’est déroulée la campagne dénommée rentrée scolaire sans effectifs pléthoriques dans le département de la Menoua ?

La campagne rentrée scolaire sans effectifs pléthoriques s’est très bien déroulée sur le terrain dans la Menoua et ceci dans la mesure où nous avons essayé à notre niveau d’apporter toutes les réponses aux questions qui constituaient notre guide d’enquête. Nous sommes partis à la rencontre des superviseurs des Clubs d’Education Civique et d’Intégration Nationale(Cecin), lesquels nous ont reçu chacun en fonction de sa disponibilité. Nous sommes également partis à la rencontre des chefs d’établissements qui pour certains nous ont très bien accueillis. Nous sommes allés au contact des élèves qui ont aux heures de pause, gentiment répondu à toutes nos questions. Les parents d’élèves qui venaient inscrire leurs enfants ont eux aussi répondu à nos questions.

Sur combien d’établissements a porté votre enquête et quelles sont les difficultés aux quelles vous avez fait face ?

Notre enquête a porté sur six établissements logés dans les deux arrondissements de Dschang et Santchou. Et sujet des difficultés rencontrées, nous allons mentionner en bonne place l’indisponibilité de certains responsables, très sollicités en période de rentrée scolaire. Dans un autre établissement, le superviseur que nous avons rencontré était nouveau. Il venait d’être muté dans l’établissement et devait assumer pour la première fois le rôle de superviseur. Et du coup, il ne comprenait pas encore grand-chose à la philosophie du Cecin. Toutefois nous avons surmonté la difficulté en essayant de nous promener sur le campus de l’établissement en question et d’interroger le maximum de personnes possible pour avoir la bonne information.

Comment les instructions ministérielles ont-elles été appliquées sur le terrain par les responsables des établissements scolaires ?

Il faut dire que cette application est tout de même prometteuse car les consignes ne sont pas scrupuleusement respectées pour un certain nombre de raisons. La vérité c’est qu’il n’existe aucun établissement scolaire dans lequel, l’effectif des élèves tel que défini par le Ministre est respecté de la sixième en terminale. Toutefois le côté positif ici c’est que les effectifs ne sont plus aussi pléthoriques qu’ils l’ont été par le passé. La marge d’excès dans les différentes classes que nous avons visitées, n’était pas supérieure à dix. Donc pour nous résumer, les instructions ministérielles ont été respectées et les responsables se sont pour la plupart bien battus pour ne pas trop s’en éloigner.

Cette campagne est aussi et avant tout, une campagne de rentrée scolaire sans corruption. Cette dimension a-t-elle été prise en considération dans vos travaux de terrain ?

Au niveau du département de la Menoua, nous ne nous sommes pas limités à une campagne de rentrée scolaire sans effectifs pléthoriques. La composante lutte contre la corruption n’a pas été oubliée. Pendant cette campagne nous avons mis un point d’honneur à la sensibilisation contre le harcèlement sexuel, nous avons sensibilisé les parents et les élèves à la nécessité de ne point monnayer les inscriptions de leurs enfants dans les établissements ou tout au moins, nous leur avons conseillé de ne pas payer des frais autres que ceux dits exigibles. C’était aussi l’occasion pour nous de leur parler du Mécanisme de Protection des Dénonciateurs des actes de Corruption en milieu scolaire(Meprodec) en les inviter à déposer dans les boîtes à dénonciation leurs différentes plaintes. Aux élèves qui revenaient fraîchement des vacances, nous leur avons recommandé un respect scrupuleux du règlement intérieur et la nécessité de protéger le patrimoine scolaire. C’est pour cela qu’avec l’aide de certains anciens membres des Cecin, nous avons organisé des campagnes sensibilisation à travers des dessins conçus par leurs soins.

Vous semblez être au dessus de certaines difficultés qu’ont rencontrées certains animateurs. Quel est votre secret ?

Non nous n’avons pas de secret particulier. Il y a juste que nous avons attendu au moins la troisième semaine de septembre pour organiser les campagnes d’affichage, nous l’avons poursuivie également pendant la première semaine d’octobre. Et comme nous l’avons dit plus haut, nous avons sollicité l’aide des anciens membres du club qui eux comprennent bien déjà ce que nous attendons d’eux et ceci s’est fait principalement dans les établissements ayant des superviseurs bien motivés. Il faut même reconnaître que certains ont été les premiers à venir vers nous pour savoir comment et quand nous entendions nous déployer sur le terrain dans le cadre de cette campagne. Avec leur accompagnement, les choses ont été un peu plus faciles pour nous. Comme dans tous les établissements scolaires nous n’avons pas dessinateurs et que les objectifs poursuivis sont les mêmes, nous avons juste multiplié les dessins produits par certains élèves que nous avons affiché un peu partout.

Y a-t-il des faits saillants qui vous ont marqués pendant cette campagne et qui méritent d’être relevés ici ?

L’un des faits saillants que nous ne pouvons pas passer sous silence ici, c’est la détermination de nombreux chefs d’établissements à respecter les instructions ministérielles. Partout où nous sommes passés pour conduire notre campagne, il nous était loisible de constater tous les efforts déployés par les responsables pour ne pas ramer à contre courant des instructions ministérielles. On doit féliciter les chefs d’établissements qui ont respecté les instructions du ministre surtout quand on sait que le ministre a officialisé sa décision alors même que les conseils de classe de nombreux établissements avaient déjà siégé et pris toutes les décisions.

Des propositions en vue d’amélioration des prochaines campagnes rentrée scolaire sans corruption ?

Oui, il serait bien pour nous faciliter la tâche sur le terrain que les choses soient organisées un peu sous le modèle du partenariat que nous avons avec la Délégation Régionale des Enseignements Secondaires de l’Ouest dans le cadre de l’observation des examens. Il serait bien pour les prochaines campagnes, que nous ayons avec nous, une note qui nous donne facilement accès aux responsables. Car nous devons le relever, certains chefs d’établissements étaient vraiment réticents à notre présence. Il serait peut être bien que les délégués départementaux ou le régional lui-même nous donnent des lettres d’accréditation. Cela va certainement nous épargner de certaines difficultés.

Entretien conduit par Dexter Nana
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