Rentrée scolaire 2017 : Les bons et mauvais points du Minesec

Le dernier acte de redéploiement du personnel des services déconcentrés du ministère des enseignements secondaires, montre que les choses sont en train de changer.

Placée sous le thème «  Les enseignements de seconde génération pour la formation des citoyens aptes à promouvoir le multiculturalisme, le bilinguisme et le vivre ensemble », l’année scolaire 2017-2018 a effectivement démarré sur l’ensemble du territoire national camerounais le 04 septembre 2017.  Certes le démarrage a été un peu timide dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour des raisons que l’on peut juger évidentes. Il s’agit de la crise qui secoue ces deux régions du pays. Mais pour le reste, les jeunes camerounais inscrits dans les écoles des autres régions du pays, ont effectivement reçu leurs premières leçons dès sept heures trente minutes du lundi 04 septembre 2017.

Seulement voilà, au Cameroun,  on est visiblement dans un pays dans lequel les habitudes ont définitivement la peau bien dure, surtout quand elles sont mauvaises. Comme les années précédentes, cette année encore, le Ministère des enseignements secondaires est tombé dans ses mêmes travers. Une fois de plus, il s’est montré incapable de redéployer son personnel dans un délai raisonnable, question de permettre au train de la rentrée scolaire, une fois lancé, de poursuivre sa course sans interruption. Malheureusement, comme toujours, et sans que l’on ne sache ce qui motive cette incapacité  du Minesec à redéployer les personnels de ses services déconcentrés au plus tard au début du mois d’août, question de leur  permettre  d’avoir devant eux le délai minimum d’un mois pour rejoindre leurs nouveaux postes de travail, c’est toujours  après la rentrée scolaire qu’il  se livre à cet exercice pourtant planifié et attendu par les différentes parties concernées.

Dans cet exercice de reploiement du personnel qui ne se fait jamais au moment le plus indiqué et le plus souhaité par tous, ce sont les chefs d’établissements qui en sortent malheureux et fragilisés.  Ainsi pour ne prendre que l’exemple de certains lycées de la ville de Bafoussam, dans la région de l’Ouest, alors que les proviseurs du Lycée classique de Bafoussam, du Lycée bilingue de Bafoussam et du Lycée bilingue de Bafoussam Ndiengdam, pour ne citer que leur cas, pouvaient se vanter d’une belle reprise dans leurs structures, le redéploiement décidé par le Minesec est venu briser leur enthousiasme. Ils ont été, en cette fin de première semaine de l’année scolaire, obligés de convoquer une réunion de crise en vue de pallier au plus urgent, trouver des stratégies de remplacement des enseignants partis pour d’autres horizons.

Il faut éviter de soumettre les chefs d’établissements à la gymnastique d’un éternel recommencement des emplois de temps. Il ne faut plus soumettre les élèves au supplice de devoir passer plus d’un mois sans enseignants, le temps que ceux-ci rejoignent leurs nouveaux postes de service, sans oublier le casse tête  des familles obligées de vivre la séparation pendant toute une année, avec tous les risques supposés. Pour que rien de tout ce qui est cité plus haut ne se produise, le Minesec ferait bien de reconsidérer le timing du redéploiement de son personnel des services déconcentrés.

Ceci dit, on ne doit pas passer sous silence, la marque de fabrique du ministre Jean Ernest Ngalle Bibehe Massena. Bien que le redéploiement de son  personnel arrive après la date de la rentrée scolaire avec toutes les perturbations sus mentionnées, tous les partisans et défenseurs de la gouvernance en milieu scolaire, ont applaudi ce vaste mouvement qui doit très certainement combattre l’inertie qui avait élu domicile dans les lycées et collèges de la République.

A force de corruption et tout autre pratique aux antipodes de l’éthique et de la morale, de nombreux enseignants avaient bénéficié des promotions illicites ou encore s’étaient forgés la réputation d’enseignants métropolitains avec parfois en prime, moins de six heures hebdomadaire de cours, pour certains qui étaient censés en avoir dix-huit. Le vaste redéploiement du personnel des services déconcentrées du ministère des enseignements secondaires qu’on vient de vivre, sonne comme la fin de la récréation, une véritable volonté de remettre de l’ordre et de la discipline dans une maison qui continuait de façon imperturbable sa course à vau -l’eau.

Rétrograder au poste de simple enseignants des censeurs qui avaient  un peu trop vite été promus, faire partir des enseignants qui avaient fixé leurs racines à Douala ou Yaoundé pour Kolofata, redéployer de nombreux censeurs en surnombre dans les lycées métropolitains vers des lycées ou le besoin en personnel était plus que manifeste, et en fin et surtout, promouvoir, à leur grande surprise à des postes de responsabilité, des enseignants dont le rêve de faire carrière dans l’administration scolaire avait été brisé du fait de la corruption ambiante aux enseignements secondaires, tous ces actes courageux témoignent assurément d’une réelle volonté  de retour du ministre à l’orthodoxie. C’est pour cette raison qu’une organisation comme Zenü Network qui, depuis une dizaine d’années, travaille dans le domaine de l’éducation citoyenne et assure la promotion de la gouvernance en milieu scolaire, en encourageant les chefs d’établissements à s’engager de plus en plus dans la lutte contre la corruption et le harcèlement sexuel en milieu  scolaire, se félicite et encourage le ministre à aller de l’avant dans sa volonté d’assainissement des pratiques inciviques et contre productives en milieu scolaire.

Basile Honoré Tchuisse

 

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