PROJET INCRED : Anne Terrance NZOUKOUA, Personne contact projet INCRED à Zenü Network

« Les animateurs de proximité se heurtent à une multitude d’obstacles sur le terrain, mais notre devoir est de les accompagner et leur donner de petites astuces pour les surmonter »

 

Vous êtes depuis quelques mois  maintenant la personne contact du projet INCRED à Zenü Network.  Dites nous en quoi consiste votre rôle de personne contact ?

Merci pour cette opportunité que vous me donnez de parler du rôle qui est le mien au sein du  projet Initiative Citoyenne pour le Renforcement de la Démocratie(InCReD). Il s’agit d’un projet qui cultive l’éveil citoyen des Camerounais et les mobilise pour une plus grande participation politique.  Donc au sein de ce projet, en qualité de personne contact, je dois faciliter la mise en œuvre opérationnelle des activités  dans la région de l’Ouest.  Pour être plus pratique, disons que, je m’occupe du  suivi du chronogramme des activités au niveau régional ; de la préparation et l’organisation matérielle de toutes les activités au niveau régional ; de la rédaction des rapports d’activités mises en œuvre au niveau régional et enfin de la  planification et le suivi des activités des animateurs de proximité  qui sont au nombre de 15.

 

A propos des animateurs de proximité auxquels vous venez de faire allusion, peut-on avoir une idée de leur cahier de charge ?

Commençons par dire que les animateurs de proximité, sont des jeunes filles et garçons,  des volontaires qui ont déjà fait leurs preuves dans le cadre de l’animation des projets au sein des organisations de la société civile. Ce sont donc de jeunes gens engagés qui présentent de bonnes aptitudes en matière de mobilisation et de participation politique des jeunes. Ils ont été sollicités par le projet et organisés en binômes pour sensibiliser les jeunes en vue de les intéresser au processus électoral. Ainsi,  dans les départements, chaque binôme doit conduire des temps d’échanges et de discussions avec les  citoyens, prioritairement les jeunes et les femmes. Ces échanges portent sur les enjeux de la participation politique. Ils doivent aussi collecter régulièrement les informations sur le rythme des  inscriptions sur les listes électorales, la distribution de cartes d’électeurs au niveau des commissions et antennes locales d’ELECAM.  Les animateurs de proximité doivent également  collecter les informations sur toutes les descentes aux allures électoralistes, des cadres et agents de la fonction publique et  vérifier  qu’ils ne mettent pas les biens  publics au service de leurs partis politiques qui sont des associations privées.  Ils doivent enfin, préparer et transmettre les rapports mensuels à la personne contact, tenir à jour  la liste de proximité.

Il doit être plus qu’évident que les animateurs de proximité font face à de nombreuses difficultés. Les avez-vous identifiées, et comment vous y prenez-vous  au niveau central  pour les aider à les surmonter ?

C’est vrai, les animateurs de proximité se heurtent à de nombreux obstacles. On doit parmi les plaintes les plus fréquentes citer : le fait que certaines personnes n’ont pas de numéro de téléphone, ce qui rend leur enregistrement sur les listes de proximité impossible ; d’autres   encore veulent d’abord recevoir une contrepartie financière avant de se faire enregistrer ; une autre catégorie constituée en majorité  des élèves et étudiants, ne sont pas inscrits sur les listes électorales parce qu’ils ne possèdent pas de CNI. Ils disent que le montant exigible pour établir la CNI n’est pas à la portée de leur bourse.  D’autres  personnes  également ne veulent pas se faire enregistrer au prétexte que du fait de la crise anglophone les élections n’auront pas lieu. Les animateurs ont  entendu des propos tels que « allez d’abord résoudre le problème anglophone avant de venir nous parler des élections, les élections n’auront certainement pas lieu, si le  problème n’a pas trouvé de solutions » ou encore « pourquoi s’engager à la participation démocratique avec un système qui stagne et qui est dirigé par les vieillards ». Enfin comme difficultés, il y a le fait que les cibles écoutent bien le message, mais sont très réticentes au moment de donner les informations à caractère personnel telles que les lieux de résidence et les numéros de téléphone. Pour aider nos binômes à les  surmonter, nous communiquons fréquemment avec eux, ils nous informent des difficultés rencontrées sur le terrain et nous leur donnons des stratégies pour contourner ces difficultés. Il s’agit de pour nous résumer,  de simplement bien présenter le projet pour susciter l’intérêt de l’interlocuteur. Pour ceux qui sont originaires de la localité, nous leur recommandons de s’exprimer  en langue locale dans les zones rurales pour une meilleure compréhension. Pour davantage permettre aux binômes d’être à la hauteur des attentes du projet, le 06 février 2018 s’est tenu à Zenü Network une session de recyclage des animateurs. L’objectif de cette rencontre était d’évaluer la première période de travail et de redynamiser l’équipe pour qu’elle soit à la hauteur des attentes en cette année électorale. Cette rencontre était d’une importance capitale pour la suite de l’activité car elle a permis de passer en revue les forces et faiblesses des animateurs pendant le premier semestre de travail. Et surtout, d’avoir un temps de partage d’expérience entre animateurs, lequel   a aboutit à l’adoption des recommandations.

Vous avez en charge huit départements dans la région de l’Ouest. Dans lequel de ces départements la coopération avec les institutions en charge des élections ou même  avec les citoyens vous semble plus évidente ?

La collaboration avec ELECAM est mitigée. En effet, les responsables permettent que les animateurs mènent les campagnes de sensibilisation en collaboration avec leurs agents. Par ailleurs, il n’a pas été évident pour les animateurs  d’avoir certaines informations. Nous pouvons citer l’exemple de la collecte de données sur les kits dans les antennes ELECAM. Certains chefs d’agences départementales ont refusé de donner l’information estimant que c’est un secret professionnel.  Les animateurs  ont utilisé à cet effet des moyens de bord, pour avoir des informations dont l’objectivité n’est pas absolue.

En cette année électorale, peut-on parler d’un regain dans les inscriptions sur les listes électorales ? Si non, avez-vous pensé à de nouvelles stratégies en vue de stimuler ces inscriptions ?

Il n’est également pas été évident pour les animateurs et animatrices  d’avoir le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales depuis le 02 janvier 2018, date de la reprise des inscriptions sur les listes électorales. Néanmoins à travers les échanges  avec certains responsables d’ELECAM on peut noter une reprise timide des inscriptions. Notre stratégie consiste à privilégier les zones d’affluence des publics  à savoir les marchés, universités, les associations de femmes, de jeunes etc. L’objectif est de sensibiliser le maximum de citoyens avant la convocation du corps électoral et par conséquent, contribuer à l’amélioration du taux d’inscription des citoyens sur les listes en cette année électorale.

 

Entretien mené par Dexter NANA

2 Commentaires
  1. Judith 4 mois Il y a

    Merci Anne et Dexter pour ces informations. Courage à tous les animateurs de proximité

  2. Celine 4 mois Il y a

    Tous mes encouragements à la personne contact. Dans un contexte de l’effritement des valeurs citoyennes et de crise socio- politique, l’animation de proximité ne doit pas être bien facile.

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