Pr Claude ABE, Enseignant à l’Université Catholique d’Afrique Centrale

Dites-nous Professeur, c’est quoi un projet de société ?
On peut dire d’un projet de société qu’il s’agit d’une vision du monde, qui est elle-même articulée sur un certain nombre de convictions en termes de principes et de valeurs mais aussi qui s’inspire d’une idéologie spécifique et qui déploie un certains nombre de propositions pour répondre à une situation que l’on vise à améliorer. On pourrait dire qu’il s’agit d’un rêve qu’un homme politique ou un parti politique fait pour la société et dans l’optique d’indiquer ce que cette société devrait être dans le monde idéal ou dans l’avenir. C’est le brouillon de l’avenir en quelque sorte.

Vous avez parlé de trois questions fondamentales relatives au projet de société. Pouvez-vous les rappeler pour la gouverne de nos lecteurs ?
Oui en termes de méthodologie pour réaliser un projet de société, il y a trois questions fondamentales aux quelles il faut répondre et qui rendent compte de trois types de diagnostic. Il y a le diagnostic historique qui répond à la question du d’où venons-nous ? Il ya ensuite le diagnostic de la situation du moment qui répond à la question du où en sommes-nous ? Et enfin le diagnostic prospectif qui répond à la question du où voulons nous- aller ? Et ce sont ces trois éléments qui encadrent la mise en route d’un projet de société.

Dans notre contexte est ce qu’il y a des partis politiques qui proposent des projets de société ?
Ils sont très rares les partis politiques qui ont des projets de société. Il y a quelques partis politiques dont je ne citerai pas les noms qui ont des projets de société. Mais en fait, ces projets de société souffrent d’une autre maladie, c’est le fait que parfois ils sont très peu connus et deuxièmement les partis politiques ne s’engagent pas dans une stratégie de promotion de leurs projets de société pour arriver à les imposer sur le marché politique.

Pour quelle raison choisissez-vous ce moment précis pour former les acteurs politiques sur le processus électoral au Cameroun ?
J’ai toujours formé les acteurs politiques au Cameroun, mon travail à toujours été consisté même en termes d’interventions savantes dans les medias, à former les acteurs politiques pour qu’ils accèdent à une pratique politique qui est assise sur du professionnalisme. Maintenant l’occasion fait nécessairement le larron. Puisque on est à la veille des échéances électorales au Cameroun, si on s’en tient au calendrier constitutionnel normal sans qu’il y ait soit anticipation, ou qu’il y ait une possibilité de repousser un certain nombre d’élections, il était de mon point de vue important et normal que l’on rappelle aux acteurs de la scène politique certains mécanismes et procédés pour qu’ils arrivent justement à affronter les prochaines initiatives électorales avec des capacités avérées.

A partir du moment où c’est l’Union Européenne qui finance toute cette activité, peut-on redouter sa main mise et sa volonté de nous imposer des responsables politiques qui correspondent à ses aspirations plutôt qu’à celles des Camerounais ?
Ceux qui me connaissent savent que je fonctionne à partir de l’autonomie et à partir de mon indépendance qui m’est tout à fait chère. Je n’adhère pas à des projets parce qu’il y a une quelconque pression derrière. Donc de mon point de vue c’est parce que je crois en le projet tel qu’il a été ficelé, que j’apporte ma modeste contribution pour le traduire dans les faits. C’est parce que je crois en la plus value de ce projet pour la pratique politique dans le contexte qui est le notre.

Entretien mené par Dexter NANA

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