Philippe NANGA, Coordinateur de l’ONG Un monde Avenir

Philippe Nanga peut-il commencer par un auto portrait qui permettrait aux lecteurs du site web de Zenü Network de mieux le connaître ?
Oui, je me nomme Philippe Nanga, je suis coordinateur de l’ONG Un Monde Avenir. Je suis de par ma formation à la base, technicien en génie mécanique. Par la suite j’ai eu une formation universitaire dans le champ du développement social avec un brevet de technicien d’éducation populaire. Je suis également diplômé de l’école internationale des droits de l’homme au Canada. Et donc, je peux dire aujourd’hui que je suis doté de deux compétences essentielles : une compétence en matière d’animation sociale et une compétence en matière de droits de l’Homme. Je travaille donc beaucoup sur les questions de citoyenneté et de démocratie. Je suis également formateur parce qu’au passage j’ai acquis des connaissances pédagogiques pour transmettre ce que je sais faire. Je voulais que vous le disiez pour que je m’autorise à vous appeler Docteur ! Je n’aime pas les titres Dr. ou autre. Je préfère qu’on me présente le plus simplement possible. En même temps il faut préciser que je n’ai pas le diplôme de docteur même si j’ai des formations équivalentes. Je reste technicien, et je préfère qu’on me présente comme un technicien dans les domaines pour lesquels je m’investi, notamment les domaines de la démocratie et des droits de l’Homme. Je travaille à fond pour maîtriser l’environnement et le domaine de la citoyenneté parce que de par ma formation, j’ai des acquis qui me permettent de cerner le sujet de la citoyenneté. Je travaille personnellement beaucoup sur cette question parce que l’ONG que je dirige d’ailleurs, a inscrit la citoyenneté comme le point d’ancrage de toutes ses activités. Et certains s’autorisent souvent à me présenter comme spécialiste sur cette question là.

Je vais donc retenir que vous êtes le Coordinateur de l’ONG Un Monde Avenir. Vous étiez à Bafoussam pour animer une série d’ateliers de formation. Pouvez-vous nous dire de quoi il était question et les raisons pour les quelles vous les avez organisées ?
Je suis à Bafoussam et pas pour la première fois, j’y viens souvent. Dans le cadre du projet initiative citoyenne pour le renforcement de la démocratie(InCReD) qui est porté à la fois par Un Monde Avenir, Zenü Network, Reach Out et d’autres organisations associées. Et donc ce projet prévoit plusieurs activités parmi lesquelles, celle qui nous a amenés à Bafoussam cette semaine. Il s’agit notamment de la formation des animateurs de proximité, des partis politiques, de la société civile et medias sur les sujets relatifs aux projets de société, à la démocratie participative et au processus électoral. Voilà ce qui m’a conduit à Bafoussam et je dois dire que je suis venu d’abord en tant que coordinateur de l’ONG Un Monde Avenir et également coordonnateur de ce projet, pour assister à la mise en œuvre des premières activités à l’Ouest. J’ai aussi profité pour passer une communication, sur une de mes compétences notamment les questions liées à la mobilisation. Donc j’ai échangé avec les animateurs de proximité sur les techniques de la mobilisation. Et après j’étais aussi là pour assister évidemment tous les intervenants à toutes les sessions parce que j’ai quand même la responsabilité en tant que coordonnateur de regarder un peu le contenu, la qualité des communications qui sont déroulées pour m’assurer que les objectifs attendus après chaque session sont atteints.

Un mot sur le prétexte de ces formations ?
Derrière la formation des animateurs de proximité, il y a l’accompagnement et le sui vi du processus électoral. Nous appelons cela couramment l’observation à long terme. Cette formation avait comme prétexte, donner aux participants des moyens techniques afin qu’ils puissent être capables d’accompagner les publics sur les questions liées à la démocratie et à la participation citoyenne. Il s’est déroulé plusieurs modules : sur la communication sociale, sur les techniques de mobilisation, sur le processus électoral. Les autres sessions avaient pour prétexte de renforcer les capacités des militants des partis politiques, des médias, et de la société civile sur le processus électoral également sur la démocratie participative et sur quelques éléments conceptuels du projet de société. Et à la clé on souhaite à travers ce partage de connaissances, commencer un travail de mise en synergie des acteurs, c’est pour ca qu’on a mis ensemble les partis politiques, les médias et la société civile. Et comme nous avons d’autres activités connexes, celles de cette semaine servent un peu de mise en condition des acteurs pour être pleinement impliqués dans le processus de mobilisation que nous sommes en train de mettre en place.

Et au moment où cette série de formations touche à sa fin, quel doit être votre sentiment ? Satisfait ?
J’ai un regard positif sur le déroulement des activités. Nous avons eu l’effectif attendu, c’est quelque chose de déjà très bien. Et même qu’on a eu un surnombre parce que quand je regarde la dernière session, on a eu plus de participants que le nombre attendu. Maintenant, il y a aussi la qualité des participants, que je trouve très bien. Ils ont été très participatifs, donc à la hauteur de nos attentes. Le casting a été très bien fait, la qualité des interventions également. Voilà je ne suis pas du tout déçu mais réconforté dans l’idée que l’on a fait un bon casting pour identifier les intervenants qui ont ce dont on a besoin pour passer le message. Donc mon sentiment est plutôt celui de quelqu’un qui a confiance. Les objectifs que nous nous sommes assignés dans le cadre de ce projet vont être atteints. Je peux le dire, je suis conforté dans l’idée que nous pouvons changer quelque chose, nous pouvons apporter quelque chose à la démocratie camerounaise. A propos justement de casting, la notion de genre et surtout la variété jeune ne semble pas avoir été très prise en considération.

Ne regrettez vous pas un peu le fait qu’il y ait plus de vieux présents à cette formation alors que l’avenir c’est sans aucun doute la Jeunesse ?
On pourrait me poser la même question pour les animateurs de proximité où 95% des participants étaient des jeunes. Il se trouve que les partis politiques, et c’est aussi un indicateur, ont davantage des grandes personnes, plus des adultes que des jeunes personnes. On ne peut pas aller fabriquer les militants des partis politiques. Nous allons poursuivre le travail de sensibilisation et d’accompagnement des partis politiques afin que ces formations comprennent la nécessité de prendre en compte la jeunesse dans un parti politique. Donc nous ne regrettons pas, nous faisons simplement le constat. Maintenant c’est aussi l’occasion pour nous d’identifier le problème et de penser aux corrections à apporter pour le résoudre. Je pense que c’est de ça qu’il s’agit. Ce n’est pas le fait d’Un Monde Avenir ou de Zenü Network, ni le fait d’un mauvais casting parce que nous n’allons pas dans les formations politiques choisir les gens. Nous donnons des indications et si vous regardez nos termes de références, nous indiquons toujours que la préférence est donnée aux jeunes et aux femmes. Nous ne sommes pas non plus très loin de faire les 40% et là on ne peut pas dire qu’on a exclu une catégorie de personnes. Mais je suis d’accord qu’il faut peut être sensibiliser les partis politiques à nous envoyer davantage des jeunes et des femmes.

A votre avis quel intérêt l’Union Européenne a-t-elle à financer un projet comme le votre ? Ne redoutez-vous pas une main mise de l’Union Européenne sur notre processus électoral et sur l’Etat du Cameroun finalement ?

L’Union Européenne finance le gouvernement du Cameroun et on ne peut pas dire que le Cameroun soit contrôlé par elle. L’Union Européenne n’a pas un intérêt particulier en contribuant à la bonne marche de la démocratie camerounaise. Elle est une institution qui a des programmes avec des guichets ouverts à l’international. Le financement que nous avons reçu est issu d’un guichet pas ouvert uniquement aux organisations camerounaises, mais aussi aux organisations internationales. Ce n’est pas une dotation qui est réservée aux organisations du Cameroun, par conséquent on ne peut pas penser que si une organisation du Cameroun bénéficie d’une subvention de l’Union Européenne dans le cas de ce guichet là, elle va être contrôlée par l’U.E. L’Union Européenne finance en même temps les organisations françaises, allemandes… Je crois que c’est mal comprendre la chose. Le projet qui est financé par l’U.E à 95% parce qu’on doit dire qu’il y a 5% de côte part d’Un Monde Avenir avec ses partenaires associatifs. Ce financement ne vient que soutenir notre initiative, le projet a été monté par nous et à aucun moment l’Union Européenne n’a interféré. Elle ne nous impose rien. Il est maladroit de penser que l’U E viendra nous dicter une conduite à suivre. L’Union Européenne finance le gouvernement camerounais et le gouvernement de M. BIYA n’est pas sous sa botte. Nous conduisons nos activités en toute liberté.

Dites-nous Philippe NANGA ce que fera demain Un Monde Avenir lorsque tous les Camerounais seront édifiés sur le plan civique et démocratique ?
Mais écoutez, Un monde Avenir va continuer à exister comme il existe depuis dix ans. Je peux vous retourner la question de savoir ce que sont devenues les organisations occidentales comme Agir Ensemble pour les droits de l’Homme qui date depuis plus de quarante ans, cette organisation là vit toujours. Donc la question des droits de l’Homme est une question permanente. La quête de la liberté est un combat permanent. On ne peut pas d’une organisation qui s’est positionnée pour la quête de la justice sociale qu’un jour elle va manquer du boulot parce que chaque jour il y a des injustices qui naissent. Nous sommes positionnés sur le terrain du combat pour la justice sociale, de la démocratie et des libertés et c’est un champ qui exige des travailleurs formés et expérimentés pour s’assurer que la société garantit à tous ses citoyens le bien être nécessaire pour la survie de l’espèce humaine.

Philippe NANGA je vous remercie
Non c’est moi qui vous remercie et je suis heureux de travailler avec Zenü Network qui est un vieux partenaire de longue date. Nous sommes en train de consolider ce partenariat et nous souhaitons qu’il serve d’exemple à toutes les organisations de la société civile camerounaise qui doivent se mettre ensemble et porter certains sujets qui vont permettre à la société civile d’avoir une envergure nationale solide.

Entretien conduit par Dexter NANA

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