Mathurin MOMANI, Président de la Ligue Citoyenne des Droits de l’Homme(Lcdh).

Après avoir participé pendant trois jours à l’atelier de renforcements des capacités des points focaux du Programme d’Education à la Citoyenneté Active et à la Culture(Pecac), il nous dévoile sa stratégie d’action sur le terrain.

Quel regard le responsable de la LCDH porte t-il sur cet atelier de formation des points focaux du PECAC auquel il vient de prendre part ?

Pour être honnête me poser la question de savoir quels sont mes impressions après les deux ou trois jours reviendrait à me poser la question de savoir quel est le sexe des anges, parce que sans risque de me tromper, nous pensons que cet atelier n’a pas seulement pour vocation d’améliorer nos capacités sur le terrain, il  a également pour vocation, de nous placer en position d’éveil, d’éclaireur. Pour la société civile que nous représentons, nous devons jouer ce rôle là pour que ceux qui sont chargés de gérer les fonds publics, plus particulièrement en milieu scolaire, ne confondent pas leur fonction à leur nature. Nous pensons que les renforcements des capacités  que nous avons eus nous permettrons à coup sûr de continuer le combat sur le terrain, le combat qui est visible,  qui est apprécié par les autorités à divers niveaux, par des parents, par des élèves. Souvenez-vous qu’avec le PJCC, les parents ont tenu à remercier Zenü Network pour la qualité d’engagement pris sur le terrain pour non seulement, améliorer la condition de vie scolaire,  mais surtout pour que les fonds, octroyés par les parents et même par l’Etat, et mis à la disposition des Chefs d’établissement et autres décideurs soient rationnellement gérés. Donc nous pensons que si des ateliers comme celui-ci devaient être répétés,  ce ne serait pas de trop. C’est tout ce que nous voulons. Nous disons un grand merci à Zenü Network pour cette initiative.

Comment entendez-vous appliquer  sur le terrain, tous les enseignements reçus pendant ces trois jours de formation ?

Dans le département du Haut Nkam, la Ligue Citoyenne des Droits de l’Homme qui est le point focal du PECAC, a plusieurs partenaires. Nous avons des partenaires médiatiques. Nous pensons qu’au delà de nos conventions de collaboration,  ils vont nous aider à faire le travail et nous allons également descendre sur le terrain,  discuter, faire un plaidoyer comme son nom l’indique avec les chefs d’établissements, avec des superviseurs. Et dans le département du Haut Nkam, nous n’avons pas de problème, nous n’avons pas de craintes. La délégation départementale des enseignements secondaires croit en ce que nous faisons. Nous sommes venus avec plusieurs documents attestant cela, soit des lettres de remerciements, soit des lettres qui nous donnent quitus d’entrer dans les établissements pour mener un certain nombre d’activités. Nous pensons que les parents seront les premiers à accueillir cette initiative,  et vraiment nous ne pensons pas avoir des résistances sur le terrain.

Dans le Haut Nkam, les chefs d’établissements se plaignent des effectifs et donc des caisses qui sont vides.  Comment allez-vous faire pour les convaincre de fabriquer des boîtes à dénonciation, alors qu’ils n’ont  pas déjà  assez d’argent pour les salaires des vacataires, que l’on paye  à très vil prix ?

Déjà avant de répondre à la question, le fait d’avoir beaucoup d’établissements sans effectifs et d’autres sans enseignants, c’est déjà un gros problème et cela représente un caillou dans la chaussure de Zenü Network qui est dans une lancée vers la gouvernance. Cette situation découle  d’une politique de partage selon que tel soit mon ami ou pas. Vous allez voir dans ce département qu’il y a des établissements qui jouent le même rôle et qui ne sont pas séparés de plus de 3Km et c’est quand même un gros problème car chaque élite d’un village aimerait avoir un établissement dans son salon. Et maintenant pour répondre à votre question, non, nous pensons que les parents, face à ce que nous faisons, ne pourront pas refuser de décaisser de l’argent pour la fabrication d’une boîte à dénonciation. Ils devraient plutôt comprendre que la boîte à dénonciation va plutôt leur permettre d’économiser de l’argent qu’ils auraient dû perdre si cette boîte n’existait pas. Dans le département du Haut  Nkam, nous connaissons une grande partie d’établissements qui ont fabriqué elles-mêmes leurs  boîtes à dénonciation. Au lycée de Babouaté par exemple, les enfants eux-mêmes avaient fabriqué leur boîte à dénonciation, au lycée technique de Bafang, la boîte qui avait été donnée, il y a quelques années, a été transportée par des mains inconnues et nous avons expliqué aux parents, c’est ce qu’ils ont fait. Aujourd’hui, je crois, le lycée technique de Bafang a deux à trois boîtes  à dénonciation fabriquées par les parents d’élèves. C’est en fait une histoire d’explication, il faut expliquer aux gens la vérité, leur faire comprendre les atouts de la boîte à dénonciation. D’ailleurs ils ont apprécié à des niveaux différents les avantages de la boîte à dénonciation parce qu’à chaque assemblée générale de fin d’année, nous nous efforçons d’être présents pour leur expliquer ce que la boîte à dénonciation a produit comme résultat, au cours de l’année.

Entretien Dexter NANA

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