Lutte contre la corruption : Le plaidoyer face aux défis des résistances

Contourner les différents obstacles et résistances de certains acteurs de l’éducation qui peuvent compromette les objectifs du plaidoyer, voilà un défi majeur que doivent relever les différents animateurs du PECAC.

Pendant  quatre jours à savoir du 30 janvier au 02 février 2018, les différents points focaux du Programme d’Education à la Citoyenneté Active et à la Culture(PECAC), étaient réunis à Bafoussam  dans le cadre d’une formation sur le plaidoyer. Le  PECAC, il faut le rappeler est  un programme mis en œuvre par Zenü Network et dont l’objectif visé est de convaincre les différents décideurs  des secteurs de l’éducation au Cameroun, conscients de la nécessité de pousser la corruption et tous les actes de délinquance en milieu scolaire dans leurs derniers retranchements, d’adopter un ensemble d’outils qui aujourd’hui ont fait leurs preuves en la matière. Et les outils dont il est question ici pour ne pas les citer, ce sont la Mallette Pédagogique du Cecin, le  Guide de  gestion des APEE.

Pendant toute la durée de la formation assurée par Djateng Flaubert, assisté par quelques membres de l’équipe de Zenü Network, les responsables des points focaux et les animateurs du PECAC ont largement été édifiés sur le concept du plaidoyer.  Cette formation sur le plaidoyer se voulait encore importante parce que pour certains, mener une action de plaidoyer est une nouveauté et par conséquent, il devenait indispensable de les initier et leur inculquer tous les contours de ce concept afin qu’ils puissent en parler avec science et se montrer aussi les plus convaincants possible sur le terrain. Dans le même temps, une bonne connaissance du concept de plaidoyer, la bonne identification des principales étapes de son processus ainsi que le but réaliste qu’on lui reconnait, devraient permettre aux animateurs sur le terrain,  de faire la différence entre le PJCC3 et le PECAC, et éviter toute confusion possible entre les deux programmes.

 

Des différentes interventions des participants, il est ressorti que la difficulté première et sans doute la principale à laquelle ils se heurtent sur le terrain, ce sont les réticences et les résistances de nombreux responsables de la chaîne de l’administration scolaire qui, très méfiants, considèrent les initiatives de lutte contre la corruption, comme une volonté de les priver de leurs avantages et de leur pouvoir. Ainsi, comment contourner les différents obstacles qui peuvent compromettre les objectifs visés par le PECAC ? Cette question pour le moins importante, a  fait l’objet d’une analyse particulière et des attitudes et comportements particuliers ont été conseillés aux animateurs qui y feraient face.

 

La première et sans doute la plus importante des attitudes à adopter, c’est de considérer comme normal ou naturel, les résistances et les réticences, elles font partie du plaidoyer. Il serait plutôt surprenant, de conduire un plaidoyer, lui qui suppose toujours des modifications et des changements de politique et donc certainement des pertes de certains avantages, sans qu’il n’y ait des résistances. En suite dans le travail de la collecte des données, l’animateur sur le terrain ne doit pas focaliser sur les chefs, il doit démultiplier ses sources de renseignements ou de collecte de données en allant vers d’autres enseignants susceptibles de leur fournir des données exactes. Autre attitude à observer et pas des moindre qui peut faire tomber la cuirasse de certains responsables, c’est éviter de paraître à leurs yeux  comme des enquêteurs ou des contrôleurs. Pour gagner l’adhésion de certains responsables, il faut toujours leur présenter le projet du point de vue de leur intérêt, et les amener à réaliser tout ce qu’ils gagneraient à y adhérer. On sait combien les hommes sont pour certains viscéralement attachés à leurs avantages surtout quand ils sont matériels. Le plaidoyer doit intégrer cette dimension pour éviter toute constitution d’un front de résistance inébranlable.

Au total, les animateurs de terrain ont donc compris que l’activité de plaidoyer qui est la leur, les invite, s’ils veulent atteindre leurs objectifs, à se comporter comme des agents de marketing.  Ils ont des produits à vendre c’est-à-dire à faire adopter par les responsables des établissements scolaires et même du MINESEC. Pour cela, ils doivent se montrer convaincants et considérer toute résistance comme un déficit d’informations sur la pertinence des produits qu’ils veulent faire adopter.

Basile Honoré TCHUISSE

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