L’Année 2018 du PECAC dans le koung-khi : Céline FOKOU, animatrice de Projet à Zenü Network nous fait le point.

A cette heure où l’année scolaire 2017- 2018 touche à sa fin, quel bilan pour les activités du PECAC dans le département  du Koung-khi? 

La première année de mise en œuvre du PECAC dans le Koung-Khi a été marquée par plusieurs activités. Collecte de données, participation aux sectorielles départementales des chefs d’établissements, formation des superviseurs et APEE, présentation du PECAC aux autorités etc. Par ailleurs, cette première année a été particulière dans la mesure où elle constituait le point de départ pour l’implémentation d’une nouvelle approche de travail à savoir le plaidoyer. Contrairement à ce qui s’observait dans le PJCC, le PECAC opte pour les sensibilisations, formation en vue de l’adoption des outils de lutte contre la corruption. En termes d’analyse, cette année a été une année de lancement ou même d’essai de cette approche qui va davantage se préciser au cours des années à venir. Toutefois, on a enregistré çà et là des grincements de dents de la part des superviseurs et chefs d’établissements qui pensaient devoir toujours compter sur l’intervention de Zenü Network pour la mise en œuvre des activités ou du moins, leur financement. Statistiquement parlant, pendant la collecte de données, nous avons enregistré 18 CECIN sur 24 établissements. Avec l’action du PECAC, 02 autres ont été créés au collège technique Paul Bouque et au CES de Bandrefam. Pour ce qui est du fonctionnement, si le critère est la possession d’une boîte à dénonciation tel que préconisé par la coordination, nous dirons que 16 CECIN sont fonctionnels. 13 superviseurs ont participé à la séance de renforcement de capacités organisée par la DDES sur la demande de Zenü Network. Avec la nouvelle approche de mise en œuvre des activités, nous ne participons plus aux activités des CECIN et même aux dépouillements. Par conséquent, toutes les données ne nous seront désormais transmises que par des rapports des CECIN. En cette année, les rapports reçus font état de plusieurs dépouillements avec des dénonciations variées. Toutefois, les plus récurrentes sont les cas de tricherie qui sont sanctionnés par la traduction au conseil de discipline et  des exclusions temporaires de 08 jours, plus attribution de la note de zéro aux auteurs des actes de tricherie. Par ailleurs, plusieurs établissements   font état de ce que la boîte est vide au dépouillement, ce qui nécessite une sensibilisation plus accrue des élèves.

Puisqu’il s’agit pour vous de lutter contre ou tout au moins, de réduire le taux de corruption et de harcèlement sexuel en milieu scolaire, peut-on avoir un aperçu des effets de changements liés à votre action ?

Les effets et changements les plus signifiants enregistrés jusqu’à présents sont ceux rattachés au PJCC. Le PECAC en tant que projet de diffusion des outils est à sa phase d’expérimentation. Toutefois, les sensibilisations et sanctions ont permis de faire baisser le taux de tricherie notamment dans les lycées de Bayangam, Batoufam etc. le superviseur du CECIN du lycée de Bayangam fait état d’une baisse de tricherie par exemple. Aussi, les résultats peuvent se mesurer avec le soutien des autorités administratives et surtout l’accueil favorable qu’elles accordent aux outils dont le plaidoyer du PECAC recommande l’adoption.

La Mallette pédagogique du CECIN et le Guide de Gestion des APEE sont des outils inventés par Zenü Network et dont vous assuré la promotion auprès des chefs d’établissements scolaires. Quel accueil ont-ils réservé à ces outils ?  

L’accueil de la Mallette Pédagogique a été satisfaisant. Tous les bénéficiaires n’ont pas manqué de remercier Zenü Network pour cet outil on ne peut plus utile pour l’animation des clubs en général, les sensibilisations aux rassemblements et l’animation des CECIN en particulier. Les autorités administratives quant à elles sont flattées de l’outil et promettent le recommander  chaque fois que nécessaire pour l’éducation civique des concitoyens. Le département du Koung-khi compte en tout 24 établissements d’enseignement secondaires. Le PECAC a sélectionné 20 établissements pour être suivis. Ainsi, tous les 20 établissements sélectionnés ont reçu la MP. En plus des 20, 03 autres établissements ont demandé et reçus la MP. Aussi, les 03 sous-préfets et le préfet ont reçu la MP. A la DDJEC/KK, une copie a été remise et nous comptons remettre également aux délégués d’arrondissement de la jeunesse et de l’éducation civique. Celui de Bayangam a reçu son exemplaire ainsi que le responsable Centre Multifonctionnel de Promotion de la Jeunesse(CMPJ) du Koung-Khi. En tout 32 Mallettes Pédagogiques distribuées dans le Koung-Khi. En ce qui concerne le guide de gestion, 11 drafts ont été mis à la disposition des APEE pendant la rencontre de relance des activités de la plateforme. 02 autres ont été remis aux sous-préfets de Djebem et Bayangam en tant que partie prenante dans l’animation des APEE. Les drafts étant en rupture, nous attendons la version finale pour rencontrer les autorités de Poumougne.

Rencontrez-vous des difficultés particulières dans la mise en œuvre des activités du PECAC ? Les administrations ont-elles été réticentes ou plutôt réceptives à votre démarche ?

Le plaidoyer en lui-même ne souffre pas de difficultés significatives. Ainsi, toutes les autorités administratives et sectorielles se sont montrées réceptives. Toutefois, il est à noter que l’activité de suivi de la mise en place et du fonctionnement des CECIN rencontre d’énormes réticences. En effet, l’implémentation du MEPRODEC  bute le plus souvent aux difficultés de plusieurs ordres. Les difficultés recensées sont également celles étalées par les superviseurs pendant la rencontre de renforcement de capacités. Il s’agit entre autres du manque de financement des activités du CECIN, l’absence des boîtes à dénonciation par endroit, l’absence des observatoires des actes de corruption, l’absence de dépouillements réguliers, l’indifférence de certains chefs d’établissements, insuffisance de personnels pour encadrer le CECIN dans certains établissements etc. Toutes ces insuffisances sont de nature à entraver le bon déroulement du programme.  En ce qui concerne les APEE, la plateforme est encore en observation. Jusqu’à présent, pas de difficultés significatives. Nous sommes encore au niveau de la structuration de celle-ci. Toutefois, la mobilisation des membres pose problème. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président sortant de la plateforme a demandé que les convocations pour les rencontres de la plateforme soient cosignées par le DDES.

Suite aux difficultés rencontrées, quelles sont vos espérances ou qu’attendez-vous de Zenü Network en vue de remplir tous les objectifs qui sont les vôtres ?

 Nous souhaitons que Zenü Network continue de nous suivre et nous orienter en cas de déroute et surtout nous accompagner lors de la rencontre des parties prenantes stratégiques.

Pendant vos différents partages ou échanges lors des rencontres des points focaux, y a-t-il une expérience particulière qui vous a fascinés et que vous comptez bien reproduire dans votre département ou ne jamais vivre ?

Il y a l’expérience d’ONAPED avec la conférence de presse qui a rassemblé bon nombre de journalistes et d’acteurs du secteur de l’éducation secondaire autour du PECAC, mais  aussi le fait qu’elle bénéficie du soutien indéfectible du DDES dans l’organisation des rencontres. Une autre expérience enviable est celle d’APADER dans l’animation et le suivi des APEE et des plateformes communale et départementale. L’expérience qu’on n’aimerait pas vivre c’est celle du CEFAN qui a connu une réticence des plus rudes des autorités et sectorielles du MINESEC même si cette réticence trouve une justification et est aujourd’hui dépassée.

Beaucoup de chef d’établissements malgré la clarté des textes parviennent toujours à faire main basse sur les fonds d’APEE et parfois avec la complicité des présidents qui sont aux ordres. Est-ce le cas dans votre département et si oui que faites vous pour affranchir lesdits présidents ?

Aucune information dans ce sens ne nous est parvenue tout au long de l’année. Toutefois, nous avons remarqué que certains présidents d’APEE font allégeance à leur chef d’établissement au point où, lorsque nous demandons la date de tenue de l’assemblée générale, ils recourent vers les proviseurs. Le DDES nous a aussi fait part d’une altercation qu’il aurait eue avec le président sorti de l’APEE du lycée de Bandjoun au sujet d’une dette laissée à son successeur mais sans trop de précision. La gestion des APEE étant très délicate, les présidents d’APEE se plaignent lors des rencontres mais non de façon directe en indexant quelqu’un de particulier, encore moins leur chef d’établissement. Encore faut-il qu’ils soient eux-mêmes exempts de tout reproche.

Entretien mené par Dexter NANA

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