Journée de l’enseignant à Bafoussam : L’appel au boycott du pagne n’a pas été respecté

En grand nombre les enseignant(e)s se sont rendus à la place des fêtes pour recevoir leurs décorations et surtout prendre part au grand défilé.

Placée sous le thème « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants », la 24ème édition de la journée mondiale des enseignants dans la ville de Bafoussam présidée par le gouverneur de la région de l’Ouest, a été ponctuée comme les années précédentes depuis l’institution des palmes académiques, par cinq grands moments : La remise des différentes palmes académiques aux enseignants méritants qui en avaient fait la demande, la présentation de la leçon inaugurale, les allocutions de circonstance et le discours de l’autorité administrative, le grand défilé des enseignants en pagne de la journée et enfin et certainement le plus important, les festivités et les réjouissances populaires dans les établissements scolaires et dans les débits de boisson du quartier.

 

 

Alors qu’à l’occasion de cette journée instituée par l’UNESCO, l’OIT et l’IE, les enseignants devaient en marge du thème de la journée, repenser leurs conditions de travail, revendiquer à travers les marches syndicales une amélioration de leurs conditions de travail et d’existence, les enseignants semblent se complaire dans la dimension festive de cette journée, qui dans l’entendement de monsieur tout le monde est devenue la fête de l’enseignant. En conséquence, l’enseignant ce jour pour exprimer sa fierté d’être enseignant, doit arborer le pagne du 05 octobre pour prendre part à la grande parade du défilé avant de retourner s’empiffrer de vin et victuailles. C’est conscient de la dérive que prend la journée mondiale de l’enseignant, qui de façon progressive perd de sa véritable symbolique comme la journée internationale de la femme, que le Syndicat des Enseignants du Cameroun pour l’Afrique(SECA), par la voix de son secrétaire général, a rendu public un communiqué de presse dans lequel il invitait tous « ses membres et les enseignants de bonne foi de boycotter purement et simplement le défilé prévu à l’occasion de la 24ème édition, de participer massivement aux conférences débats, aux ateliers et aux activités pédagogiques avec les apprenants sur le thème retenu pour la circonstance ».

Mais, le communiqué de presse de M. Tenkeng Maurice, n’a pas trouvé un écho favorable auprès des milliers des enseignants de la ville de Bafoussam, ou peut être faut-il dire que les ‘’enseignants de bonne foi’’, on ne les trouve pas assez dans la population des enseignants de cette ville. Et pour cause, les enseignants ont complètement ignoré l’appel du SECA et dès les premières heures du 05 octobre, ont envahi les places de fête drapés dans le fameux pagne de la journée qu’il nomme ‘’l’instrument de paupérisation des enseignants ‘’. Et, à regarder les comportements de nombreux enseignants lors de cette journée, la question de son opportunité se pose de plus en plus. Notre petite enquête menée sur la place des fêtes de Bafoussam auprès de certains enseignants et enseignantes a révélé que, beaucoup d’entre eux, comme c’est souvent le cas avec les femmes pour ce qui concerne leur journée internationale, ne connaissaient pas le thème de la journée. La journée étant un bon prétexte à la parade et au festin d’après défilé, surtout maintenant où les médaillés du jour offrent des banquets aux amis et collègues de service, les enseignants présents sur les lieux ne prêtent aucune attention ni à la leçon inaugurale, ni aux différentes allocutions des syndicats. Les plus attentifs ont juste eu le temps de remarquer que le conseiller pédagogique chargé de l’enseignement général à la délégation départementale du MINESEC de la Mifi, a une fois de plus été celui qui a présenté la leçon inaugurale, comme si en dehors de lui, aucun autre enseignant, n’avait la compétence suffisante pour le faire.

De plus la parade du défilé qui semblait captiver toutes les attentions a donné lieu à un spectacle d’une trop grande promiscuité avec l’indécence, du fait des tenues vestimentaires parfois très excentriques de certains professionnels de la craie. Marquer les pas, juchés sur des talons de près de 20 cm de hauteur, voilà un exercice auquel de nombreuses enseignantes se sont pliées avec des fortunes différentes, donnant ainsi l’occasion à certains responsables des administrations de leur crier dessus. Heureusement et à la différence de tous ces enseignants dont l’indiscipline pouvait se lire dans la diversité et l’extravagance des tenues, certains établissements scolaires dont le Lycée Classique de Bafoussam, ont brillé par la sobriété et l’harmonie de leurs tenues.

Dexter NANA

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