JESAM 2018 : Un excellent concept entre des mains inexpertes

Il s’agit d’une belle initiative qui malheureusement souffre d’un déficit de management et dont certains acteurs ne sont pas au dessus de tout soupçon.

Les Journées de l’Excellence Scolaire et Académique de la Mifi(JESAM), une initiative du Professeur Pascal NGUIHE KANTE, étaient rendues le samedi 24 août dernier à leur troisième édition. Une autre édition présidée par le gouverneur de la région de l’Ouest entouré en cela par tout le gratin administratif de la ville de Bafoussam auquel il faut ajouter une bonne brochette d’intellectuels dont les Professeurs Maurice TCHUENTE et François Xavier ETOA pour ne citer que ceux-ci. La Journée de l’Excellence Scolaire et Académique dans la Mifi qui a vu le jour il y a trois ans, est une initiative citoyenne dont l’objectif est de  promouvoir l’excellence scolaire et académique dans le département de la Mifi en accordant des prix à ceux des élèves qui se distinguent au cours de l’année par leurs résultats particulièrement brillants. Par delà l’excellence, elle est un moment de solidarité pour les jeunes déshérités, les personnes vulnérables et tous les laissés pour compte de la société, qui à cette occasion, reçoivent des dons multiples en vue d’améliorer leurs conditions de vie. Il s’agit donc à écouter son initiateur d’un moment   républicain pendant lequel on marque une pause pour célébrer l’excellence, encourager tous les meilleurs élèves qui le long de l’année dans le département de la Mifi se seront distingués par la qualité de leur travail et redonner espoir à certains qui grâce aux bourses spéciales offertes par de généreux donateurs se voient ouvrir les portes de certaines universités et écoles de formation. Pour reprendre le promoteur de cet événement, il ne s’agit pas de « l’excellence scolaire de la Mifi, mais bien de l’excellence scolaire dans la Mifi ». Entendez par là que le JESAM n’est pas un événement à caractère tribal comme on en trouve dans certaines régions et villes du Cameroun, mais un événement citoyen qui célèbre tous les meilleurs élèves scolarisés dans le département de la Mifi, sans distinction de sexe, âge,  tribu ou religion. Cette philosophie du JESAM qui entend s’élever au dessus des particularités tribales et célébrer la nation camerounaise à travers les bourses offertes aux meilleurs de ses fils scolarisés dans le département de la Mifi, s’inscrit en droite ligne de la promotion du vivre ensemble en même temps qu’elle  est la traduction de l’hospitalité   légendaire qui caractérise les natifs de la ville de Bafoussam et dont les organisateurs souhaiteraient voir contaminer les autres villes du pays en cette période où notre vivre ensemble ou notre cohésion nationale fait face à de nombreux écueils.

Alors que lors de la deuxième édition organisée sur l’esplanade de l’Hôtel de ville de Bafoussam, ce sont près de 895 lauréats qui avaient reçu des prix  et des bourses diverses accompagnés  des diplômes d’excellence, en 2018  ce sont environ 1692 lauréats qui ont été primés. Une augmentation exponentielle des bénéficiaires qui s’explique  par le travail des enseignants et des apprenants sans oublier la générosité des organisateurs, lesquels ont  d’ailleurs introduit  de nouvelles catégories pour toucher le maximum de jeunes possible.  En somme la fête était belle, les populations de la ville de Bafoussam, les enseignants, les élèves et parents d’élèves sont venus nombreux et les heureux élus sont repartis bien contents de  cet élan de générosité du Ministre Pascal Nguihé Kanté et de ses amis qui soulagent leurs parents et leur donnent espoir en l’avenir.

Seulement voilà,  certains dysfonctionnements liés à l’organisation auxquels il faut ajouter la moralité douteuse certains membres de l’entourage du promoteur de cet événement, continuent de jeter le discrédit sur le JESAM. L’an dernier déjà, les critères de sélection avaient laissé bien des observateurs dubitatifs. Le cas du major national au Probatoire D scolarisé au Lycée Classique de Bafoussam et qui n’avait pas été convié au JESAM était plus que pathétique. On avait alors espéré que pareil manquement ne se produirait plus. Mais que non, il semble que certaines personnes dans l’entourage du ministre mus par un esprit de cupidité sans son pareil, travaillent à générer des frustrations qui à terme seront néfastes au JESAM. C’est vrai qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais tout de même.

 

Si on peut comprendre qu’en trois éditions, les organisateurs manquent encore de l’expérience, ce qui peut justifier toutes les pertes de temps et dysfonctionnements qui ont vite fait de décourager certains jeunes épuisés de fatigue et contraints de rentrer avant la fin de la cérémonie, il devient plutôt difficile de comprendre et de tolérer que les organisateurs détournent les prix de certains lauréats. Tenez par exemple, le prix spécial  de biologie gracieusement offert par le Pr. François Xavier ETOA n’est jamais parvenu à son destinataire. Et pour cause, nous citons le secrétaire particulier du ministre Nguihé Kanté « On vous a demandé d’attendre sur place, vous n’étiez pas là et le ministre a dit qu’on donne votre enveloppe à une autre personne ». Voilà l’explication pour la moins saugrenue que le secrétaire particulier du ministre a cru devoir donner à ce lauréat élève au lycée classique de Bafoussam et qui était accompagné par son père. Surpris par cette réponse, le père du lauréat a demandé à voir la décharge et l’identité de la personne à qui l’enveloppe a été remise, chose que le SP du ministre n’a pas été capable de  produire.

Il y a lieu de se poser tout de même des questions devant une attitude pareille. Comment comprendre si le SP du ministre  disait vrai,  la promptitude de la décision du  ministre  Nguihé Kanté à ordonner la remise de ce prix  à une autre personne avant la fin de la cérémonie. Puisque ce   prix spécial était dédié à  un candidat bien précis et par les soins du Pr. François Xavier ETOA, le ministre Nguihé Kanté si on fait foi aux dires de son SP, a-t-il consulté le généreux donateur avant de prendre cette décision génératrice de frustration ? Et pourquoi n’avoir pas remis ce prix au proviseur du Lycée Classique de Bafoussam pourtant présent en tribune officielle. Enfin, avait-on par avance prévu  la possible absence de ce meilleur élève de Biologie du département de la Mifi et préparé un autre candidat à recevoir son enveloppe à sa place ?

En tout état de cause, le Ministre Pascal Nguihé Kanté doit se sentir ici interpellé. Il devrait se rassurer que les actions de certains de ses collaborateurs ne ruinent pas son projet,  et la promotion de l’excellence académique devrait aller de paire avec l’excellence éthique et morale. Comme nous l’avons signalé dès le départ, le JESAM est un excellent concept qui mérite d’être implémenté par des mains à l’expérience avérée et d’une probité morale au dessus de tout soupçon. Si tous les prétextes doivent être trouvés par l’entourage du promoteur du JESAM pour détourner les prix et même les prix spéciaux, il y a de fortes chances que la célébration de l’excellence académique  et universitaire dans le département de la Mifi, fasse long feu. Ce dont les heureux bénéficiaires ne souhaitent bien évidemment pas.

Basile Honoré TCHUISSE

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