INTERVIEW : Maximilian Hoeck et Tabita Ntanguen, volontaires allemands en séjour à Zenü Network :

« Nous avons observé pendant le Fjc des formes de discrimination et une volonté  de domination de l’homme sur la femme ».

Les activités de votre stage académique   vous ont conduit à séjourner pendant trois mois au Cameroun. Quel regard portez- vous sur l’hospitalité camerounaise ?

Nous nous sommes sentis très bien au Cameroun, à Bafoussam et à Zenü Network en particulier. Nous avons été très chaleureusement accueillis par les responsables de Zenü Network dès notre arrivée au Cameroun. Depuis que nous sommes au pays des Lions Indomptables, toutes les personnes que nous avons rencontrées nous ont témoigné d’une sympathie et d’une amitié qui nous toujours mis en confiance et nous ont fait nous sentir véritablement chez nous ici au Cameroun et à Bafoussam. Le personnel de Zenü Network a tout le temps été à nos côtés, pour nous faciliter la tâche. Grâce à personnel de Zenü Network, notre stage s’est déroulé dans de très bonnes conditions et nous leur témoignons notre reconnaissance, car nous avons été très bien ici. C’est un peu malgré nous que nous allons partir, mais soyez-en sûrs, nous reviendrons dès que l’occasion va se présenter.

Vous avez assisté d’un bout à l’autre à la neuvième édition du Forum des Jeunes du Cameroun à Bertoua. Quel regard portez-vous sur cet événement ?

Pour nous, le Forum des Jeunes du Cameroun est un moment de rencontre et de partage entre les jeunes du Cameroun. Cette façon de permettre à tous les jeunes du pays de se retrouver et discuter des sujets qui les concernent, nous semblent une très bonne initiative. Nous avons été très impressionnés par les comportements des jeunes, nous les avons vus très actifs au sein des ateliers thématiques où chacun avait une opinion à émettre sur les différents sujets proposés. Nous avons décelé chez les jeunes camerounais un élan de participation et une réelle volonté de changer quelque chose d’abord pour eux et pour le pays en suite.

Y a-t-il chez vous en Allemagne des regroupements des jeunes comme ce FJC auquel vous avez assisté ici à Bertoua ?

Oui chez nous en Allemagne, nous avons des rencontres entre jeunes, des événements qui sont organisés pour leur donner l’occasion de se rencontrer. Mais il ne s’agit pas d’événements qui rassemblent l’ensemble des jeunes allemands comme c’est le cas ici pour les jeunes camerounais réunis dans ce Forum des jeunes du Cameroun. En Allemagne, nous avons des rencontres très spécifiques et qui regroupent les jeunes des régions bien particulières. En Allemagne, nous avons une relation un peu trop compliquée avec notre héritage traditionnel, nous parlons tous une même langue qui est l’allemand et peut être que tout ceci fait que chez nous, nous n’ayons pas un grand intérêt à réunir tous les jeunes allemands dans le cadre d’un forum.

L’expérience camerounaise d’un forum réunissant tous les jeunes, ne peut-elle pas être reproduite en Allemagne ?

Pourquoi pas, ce serait très bien de tenter cette expérience dans notre pays. Mais comme nous vous le disons, c’est d’abord une question d’héritage culturel et traditionnel. Dans notre contexte allemand, même si nous trouvons l’exemple camerounais bien fascinant, il faut dire que sa reproduction chez nous en Allemagne va se heurter à beaucoup d’obstacles liés à notre héritage culturel.

Avez-vous identifié certaines faiblesses du Fjc et quels conseils donnez-vous aux organisateurs ?

C’est vrai que dans l’ensemble, le Fjc est une grande réussite et qu’on ne devrait pas avoir vraiment de critique à formuler. Mais, la principale faiblesse du FJC que nous avons observée et sur laquelle nous travaillons porte essentiellement sur les dangers d’exclusion et de discrimination. Nous avons observé certaines discriminations liées au genre avec une forte propension de l’homme à prendre le dessus sur la femme, il occupe des positions de pouvoir par rapport à elle. Nous avons aussi relevé que le bilinguisme n’était vraiment pas d’actualité et nous souhaitons que pour les prochaines éditions, le français et l’anglais soient utilisés dans des proportions égales. Une autre chose que nous devons mentionner, c’est le fait qu’on parle toujours des jeunes comme étant un groupe homogène. Or les jeunes sont hétérogènes et sont dans un processus de développement, et il faut toujours tenir compte des différences si on veut bien les comprendre.

En discutant avec les jeunes camerounais, avez-vous trouvé des points communs entre leurs problèmes et les vôtres ?

Nous pensons que les jeunes camerounais ont en commun avec les jeunes allemands, le problème de chômage et de sa répercussion sur l’économie, à la seule différence qu’il ne se pose pas avec la même acuité. Le taux de chômage des jeunes au Cameroun nous semble très élevé par rapport à celui de l’Allemagne.

Quel souvenir culturel et touristique gardez-vous du Cameroun au moment où votre séjour touche à sa fin ?

Nous avons de très bons souvenirs sur le plan culturel et touristique à garder. Le Cameroun est franchement une Afrique en miniature comme on le dit souvent. Nous avons visité de nombreux sites touristiques et celui qui nous a le plus impressionné, c’est celui de la chute du village Ekom Nkam. Parmi les sites culturels, nous avons aussi beaucoup aimé le palais du sultanat Bamoun avec toute son histoire qui y est retracée, nous avons aussi dans la ville de Dschang visité le musée des civilisations. Nous avons parcouru de nombreuses régions du Cameroun et nous avons constaté que le Cameroun est un pays entièrement vert avec une faune et flore très dense. Nous saisissons cette occasion pour dire merci à nos guides qui nous ont permis de découvrir toutes les merveilles culturelles camerounaises. Quand nous partirons de Bafoussam pour Yaoundé nous allons aussi visiter le musée national du Cameroun.

Pendant votre séjour camerounais avez-vous observé ou remarqué des choses qui vous rappellent votre pays l’Allemagne ?

Oui on nous a présenté des anciennes bâtisses construites par les Allemands, nous avons aussi remarqué que de nombreux camerounais parlent et étudient l’Allemand, tout comme de nombreux objets fabriqués en Allemagne sont commercialisés au Cameroun. On nous aussi parlé d’un pont qui avait été construit par les Allemands. Nous aurons certainement l’occasion de le découvrir une autre fois.

Entretien mené par Dexter Nana

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