Interview : Charlie TCHIKANDA : « Nous repartons de cet atelier de planification du Pecac de Zenü Network, réconfortés par l’idée que nous sommes sur la bonne voie »

 

Le Directeur Exécutif de la Ligue des Droits et Libertés se prononce sur l’atelier de deux jours auquel il a pris et fait une projection sur le futur.

Vous sortez, monsieur le Directeur Exécutif de la Ligues des Droits et Libertés(Ldl), de l’atelier de planification du Programme d’Education à la Citoyenneté Active et la Culture(Pecac) organisé par Zenü Network. Quel regard portez-vous sur ledit atelier ?

L’atelier a été très enrichissant, et je voudrais commencer par adresser toute la gratitude de la Ligue des Droits et Libertés à l’endroit du coordonnateur de Zenü Network, qui a donné cette opportunité à notre association de venir participer à cet atelier. Et comme je viens de le dire tantôt, ça été un atelier très enrichissant.Nous nous sommes familiarisés avec un certain nombre de concepts comme ceux de la stratégie, qu’est-ce qu’elle est, qu’est-ce que la planification, quels sont les indicateurs, comment on les calcule, comment on les mesure. Donc il s’est agit d’une expérience assez enrichissante pour nous et surtout pour la jeune génération qui a assisté à cet atelier. Et c’est cela l’innovation que je salue, car au-delà des anciens que nous sommes, Zenü Network a su faire un savant dosage des jeunes et des anciens et nous avons essayé de partager nos expériences. Un autre point qui nous a aussi beaucoup intéressé, c’est le moment pendant lequel il fallait élaborer les activités et les décliner en tâches. Ce n’était pas un exercice du tout facile et surtout pour les jeunes, et notre rôle a été, dans les travaux en groupes, d’encadrer ces jeunes. Nous pensons qu’ils repartent de cet atelier, enrichis de bonnes pratiques qu’ils vont essayer de partager auprès des autres jeunes.

Quelles sont au terme de cet atelier, les expériences positives que la Ligue des Droits et Libertés, entend capitaliser ?

Je retiens d’abord qu’une planification ne se fait pas uniquement avec ses propres membres. Il faut associer d’autres compétences, d’autres expertises qui ne sont pas forcément les membres de votre association. Cette façon de procéder apporte de la plus value au travail que vous faites. Et je pense que c’est la grande leçon que je peux tirer de cet atelier.

Est-ce à dire qu’on doit garder l’espoir de voir la Ligue des Droits et Libertés, reprendre pour son propre compte cette façon de faire héritée de Zenü Network, dans les prochains jours ?

Bien sûr. Disons qu’il s’agit en réalité d’une confirmation de ce que nous faisons déjà, et cela peut se vérifierdans nos activités au quotidien, dans les planifications que nous avons.Je dois même ajouter que notre plan stratégique de 2017 – 2021, a été élaboré avec la consultation d’un ancien membre de Zenü Network, en la personne de Gilbert Soffo,auquel nous avons associé d’autres personnes, d’autres compétences qui ne sont pas membres de notre association. Donc ce que nous avons partagé comme expérience ici, a été une confirmation de ce que nous faisions déjà, c’est-à-dire que nous sommes sur la bonne voie.

On va sortir de cet entretien en vous invitant à nous faire le point sur la situation des droits de l’homme dans la région de l’Ouest Cameroun où vous êtes installés.

La situation des droits de l’homme au Cameroun et dans la région de l’Ouest en particulier reste toujours préoccupante. Elle  est préoccupante parce que le gouvernement de la république s’est doté d’un plan national de la promotion des droits de l’homme, mais la mise en œuvre de ce programme se heurte à un ensemble de difficultés liées au fait que le gouvernement n’associe pas les organisations de la société civile. Ce programme est piloté  exclusivement par les  fonctionnaires si on peut dire. Nous avons été invités à nous approprier ce programme, nous l’avons fait, mais sa mise en œuvre se heurte à plusieurs obstacles. L’aspect le plus préoccupant des droits de l’homme dans la région de l’Ouest, au delà des aspects sécuritaires, c’est surtout les litiges fonciers. Le droit à la propriété foncière est une préoccupation constante dans la région de l’Ouest. Vous avez des conflits qui éclatent un peu partout et nous avons essayé de tracer  la typologie de ces conflits qui vont de l’accaparement des terres par les élites aux conflits de succession en passant par les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les conflits entre communauté et ainsi de suite. Donc,  c’est le point le plus important de ce dossier sur lequel nous travaillons. L’autre aspect préoccupant de la question des droits de l’homme dans la région de l’Ouest, c’est le respect des droits des détenus, et particulièrement les détenus en détention provisoire ou ceux placés en garde à vue. Cet aspect est davantage préoccupant que les détenus eux-mêmes, ne connaissent pas leurs droits, ils sont ignorants du code de procédure pénale, les agences qui maîtrisent ce code ne l’appliquent pas et la détention est devenue la règle alors qu’elle devrait être une exception. La liberté doit être la règle et non l’inverse. Donc voilà autant d’aspects préoccupants de la situation des droits de l’homme à l’Ouest et sur lesquels nous travaillons, sans oublier le fait que le cadre de vie est un droit de l’homme. Circuler sur de bonnes routes est un droit de l’homme, c’est un problème de gouvernance mais il renvoie  au respect de droits socio-économiques et culturels. Donc c’est aussi un autre point qui nous pose beaucoup de problèmes dans la ville de Bafoussam.

Entretien conduit par Dexter Nana

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