FORMATION : Les organisations de la société civile à l’école du monitoring des droits des détenus

C’était à la faveur  d’un séminaire  organisé à leur intention par la Ligue des Droits et Libertés.

Le  Monitoring et appui juridique et judiciaire aux femmes et personnes âgées détenues provisoires ou en garde à vue dans les lieux de détention à l’Ouest  Cameroun, voilà un projet phare dans lequel s’investit la Ligue des Droits et Libertés(LDL) depuis quelques années.  Il s’agit d’un projet dont le but principal est de contribuer au renforcement de l’Etat de droit au Cameroun. Ainsi la LDL se donne pour objectif général dans ce projet, d’apporter sa contribution au respect des droits de la personne en favorisant une meilleure application de la loi en matière de détention provisoire et de garde à vue. Seulement voilà, le champ de la protection des personnes gardées à vue ou en détention provisoire est un vaste domaine qui sollicite de nombreuses compétences et la conjugaison de nombreux efforts et intelligences.

Consciente donc de ce qu’elle ne peut à elle seule couvrir tout le territoire de la région de l’Ouest, la Ligue des Droits et Libertés qui a  déjà une expertise avérée et aujourd’hui incontestable en matière de protection des droits des personnes détenues provisoires ou en garde à vue, se trouve dans l’obligation de former les autres organisations de la société civile exerçant dans la région de l’Ouest pour qu’ensemble elles conjuguent leurs efforts dans le but d’un réel renforcement de l’Etat de droit au Cameroun. C’est pour s’assurer que les autres organisations de la société civile qui s’investissent dans le domaine du respect des droits des détenus et des personnes gardée à vue, sont à jour des exigences et des évolutions de la législation en la matière, que la LDL  organise chaque fois que cela est nécessaire, un séminaire de renforcement de capacités à leur intention.  L’atelier du  13 décembre  2017 organisé dans un hôtel de la place de Bafoussam  et qui a réuni plus d’une vingtaine d’organisations de la société civile, s’inscrivait dans cette logique.

Il s’est agit en réalité d’un atelier qui visait entre autres, à améliorer les connaissances des ces organisations sur les dispositions  du code de procédure pénale relatives  à la détention provisoire. Pour atteindre cet objectif,  c’est au magistrat DJAKIDA Jean Jacques, Substitut du Procureur de la République aux près des tribunaux de Bafoussam que l’exercice était confié. Mais en son absence, c’est Charlie TCHIKANDA, le Directeur Exécutif de la LDL qui s’est jeté à l’eau. Et en français plus que facile, il a édifié tous les participants à la fois sur le contenu des dispositions du code de procédure pénale en matière de détention provisoire, la durée  et les conditions d’une garde à vue. Cet exposé de Charlie TCHIKANDA très applaudi par les participants visiblement satisfaits par le contenu et les connaissances engrangées, a contribué à asseoir le leadership de la LDL en matière de monitoring des droits des  personnes détenues. Le deuxième objectif visé par cet atelier, consistait à  outiller les organisations de la société civile, sur les techniques de monitoring des droits de la personne en milieu carcéral. Il s’agissait en réalité de leur apprendre quelques façons de faire et d’être  qui aident à atteindre son objectif : s’assurer que les droits du détenu sont effectivement respectés. Charlie TCHIKANDA, encore lui, dans le rôle de facilitateur, a commencé par rappeler que le défenseur des droits d’un détenu doit savoir avant toute chose qu’il est un collecteur de données et non un enquêteur.  Pour cette raison, il doit faire montre de modestie et d’humilité en se limitant au seul respect de son mandat. Il ne doit donc pas se donner des pouvoirs qu’il ne possède pas, au risque de compliquer la situation du détenu. Le défenseur des droits du détenu doit donc éviter de se bomber le torse et faire des promesses qu’il serait incapable de tenir. La confidentialité doit être pour lui une vertu cardinale, de même qu’il doit faire montre de patience, de persévérance, de cohérence dans sa démarche. Imperturbable par les différents états d’âmes de ses interlocuteurs, il doit donc aussi être intègre et objectif, c’est-à-dire professionnel. Au total ce sont dix attitudes pratiques que Charlie TCHIKANDA a présentées et qu’il faille observer dans le cadre d’un monitoring  efficace des droits de l’homme.

 

Deux autres exposés aussi riches d’enseignements que les deux premiers ont  aussi marqué les esprits des participants. Il y a d’abord  le commissaire de police du troisième arrondissement de Bafoussam qui a entretenu son auditoire sur la nécessaire collaboration entre les forces de maintien de l’ordre et les organisations de la société civile en vue d’une bonne application de la loi en matière de garde à vue. Le dernier module de cet atelier, présenté par le représentant du commandant de compagnie de Bafoussam II, a porté sur les dispositions du code de procédure pénale en matière de garde à vue. Cet exposé a consisté  à lister les mandats auxquels sont passibles les citoyens sur lesquels pèsent des soupçons et les conditions de leur application. Ce sont par exemple les mandats d’amener, d’arrêt, la garde à vue pour ne citer que ceux-ci.

En somme la participation de ces deux hommes en tenue, la qualité de leurs interventions auxquelles il faut ajouter celles des avocats qui travaillent avec la Ligue des Droits et Libertés,  ont permis de comprendre les difficultés auxquelles se heurtent les forces de maintien de l’ordre et contrarient parfois leur volonté de respecter les droits des personnes gardées à vue. Certes reconnaissent encore ces deux hommes en tenue, les droits de l’homme sont tombés sur les Camerounais de façon un peu brutale et leur digestion n’est pas toujours rationnelle ni aisée. Certains défenseurs des droits de l’homme se comportant toujours comme des justiciers ou des Zorro, il devient nécessaire de savoir se tenir quand on entre dans une unité de police.  Néanmoins rassure le Commissaire de police SOP MOTE de Bafoussam III, on peut chiffrer à plus de cinquante pour cent, le taux de respect des procédures du code pénal dans les services de police au Cameroun. C’est avec la remise des diplômes de participation aux différents participants que s’est achevée cette autre séance de formation.

Dexter NANA.

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