FJC10 : L’APPEL DES JEUNES AU GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS

 

Ils ont adressé une correspondance au gouvernement invitant ce dernier à financer l’enseignement des langues nationales.

Même si le Forum des Jeunes du Cameroun pour sa dixième édition à Garoua, avait pour thème « Jeunesse et Engagement Citoyen », la problématique des langues nationales a été au centre des différents échanges entre les jeunes et les personnes ressources retenues pour échanger avec eux. Plus précisément, les jeunes ont tôt fait de tracer un lien étroit entre la citoyenneté et la culture, pour relever que le bon citoyen doit avant toute chose être celui qui a une parfaite maîtrise de sa culture et donc de sa langue maternelle. Mais seulement, il se trouve que, et les jeunes l’ont relevé pour le déplorer, l’espace linguistique camerounais est envahi par les langues étrangères dont le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et aujourd’hui l’italien et le chinois.

Au sein des différentes familles camerounaises, les enfants encouragés en cela par leurs parents répugnent à parler les langues nationales. La mode semble imposer que le jeune qui est tendance soit celui qui en ignorant tout de sa langue maternelle, s’exprime avec la plus grande aisance dans la langue de Molière, de Shakespeare, de Unamuno ou encore du Führer. Par l’effet de cette mode qui fait l’apologie de l’extraversion culturelle, nos sociétés se vident de leur substance. Les jeunes perdent leur identité et favorisent l’expansion des cultures occidentales avec toutes les antivaleurs dont certains medias font la promotion.

Pendant les échanges, les jeunes ont mentionné pour le regretter, des situations insolites dans lesquelles certains parents ont été incapables de passer discrètement un message à leurs enfants en face des étrangers. Les jeunes écouté abasourdis, l’histoire de ce jeune camerounais qui a séjourné un peu plus de deux semaines en prison pour avoir été incapable de dire à sa mère en sa langue maternelle le petit mensonge qu’il avait inventé devant les policiers et qui l’aurait sauvé de la détention.  A l’unanimité, les jeunes ont reconnu que cette façon de faire de sert point les intérêts des sociétés camerounaises et que le temps est venu de faire de la promotion de langues nationales, le fondement de notre développement futur.

C’est donc dans le but d’inverser la tendance et inciter les jeunes comme les parents à parler nos langues nationales, que les jeunes se sont engagés à faire de la promotion et de l’utilisation de nos langues nationales une vertu cardinale. Mais à la vérité, les jeunes sont allés plus loin. A l’initiative de Jean Marc AFESI MBAFOR, ancien président du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun(Cnjc) et aujourd’hui membre de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme, les jeunes ont adressé une lettre au Gouvernement camerounais, invitant ce dernier à prendre à bras le corps l’enseignement de nos langues nationales dans nos écoles. Les jeunes pensent qu’il serait bien que les pouvoirs publics accordent une dotation financière spéciale à l’enseignement des langues nationales. Ceci pourrait se faire à travers la construction des centres culturels ou des maisons de la culture dans les différentes communes, centres dans lesquels les jeunes pourraient recevoir gratuitement des cours en langues nationales.

Dexter NANA

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