Entretien avec Dr. Ngueti Michel, Proviseur du Lycée Classique de Bafoussam :

 

 

« La non dénonciation de tout acte de harcèlement qu’il soit sexuel, financier, matériel ou psychologique est un délit sévèrement puni par le règlement intérieur du lycée classique de Bafoussam ».

Ainsi peut-on résumer la première partie d’un entretien riche d’enseignements qu’il nous a accordé.

Bonjour monsieur le proviseur, nous voulons pour débuter cet entretien, vous demander comment se porte le lycée classique de Bafoussam et quel est l’état de lutte contre la corruption dans votre établissement ?

Merci pour cette question qui me permet de dire un mot sur l’état de l’institution lycée classique de Bafoussam. Vous voulez savoir comment il va ?  Je crois pouvoir dire qu’il va globalement bien. Nous y menons toutes les activités qui sont prévues pour un établissement scolaire de notre catégorie, c’est-à-dire entre autre la lutte contre la corruption aussi. Lutter contre la corruption ne se  réduit pas aux dénonciations, ça peut aussi passer par des actes qu’on pose pour réduire à leur strict minimum les occasions  de corruption. Au début de chaque année scolaire, nous écrivons à nos élèves pour les engager à être constamment disciplinés et travailleurs et cela participe un peu de la lutte contre la corruption et ne dit-on pas souvent que prévenir vaut mieux que guérir ! Donc en cherchant à avoir le meilleur succès possible pour nos enfants, en quantité comme en qualité, je crois humblement que  c’est un apport pour lutter contre la corruption. En ne cachant pas l’information aux élèves, en leur faisant prendre conscience de tout ce qu’ils pourraient retirer comme gain de la discipline et du travail, nous créons les conditions de l’éthique et comme ça chacun saura que nul ne peut travailler que pour lui-même. Personne ne peut travailler pour un autre, personne ne peut être discipliné pour un autre pas plus que manger ou boire pour un autre. Nous tenons à ce que les élèves sachent que leur futur et même déjà leur présent dépend d’eux et d’aucune autre personne. Lorsque nous insistons sur la réussite avec distinction,  nous insistons  par là  sur le niveau et nous avons la faiblesse de croire qu’en proposant aux élèves des concepts tels que ceux de la progression continue nous travaillons pour qu’il n’y ait pas de corruption. Vous êtes enseignant comme moi et vous savez qu’il n’y a pas de jury au monde qui ne mette avec plaisir les noms des meilleurs  sur la liste des admis et Dieu semble y veiller lui-même. Pour donc contourner toutes les turpitudes sociales et les passe droit dont tout le monde parle, il faut simplement se discipliner et se mettre au travail avec en vue une réussite avec distinction.  La discipline et le travail conduisent la plupart du temps au succès, le jour où il ne s’agit plus de simples évaluations, mais des concours, des compétitions. L’heure de vérité  c’est l’heure des concours et nous le disons à nos élèves à satiété et nous caressons l’espoir peut être naïf pour certains, que le plus grand nombre pourra  suivre  ces conseils là et échapper au déterminisme des passe droits comme on semble dire qu’il prévaut.  L’élève a tort de croire qu’il étudie pour qu’un jour on lui achète son entrée dans l’école supérieure conduisant au métier de ses rêves. Il doit au contraire  travailler pour qu’il soit le seul qui se donne la possibilité d’accéder à ces écoles là sans l’aide d’aucune autre personne, pas même celle de ses parents dont il ne doit jamais douter de l’amour. Quant aux intuitions empiriques c’est-à-dire aux contingences  qui arrivent au  quotidien, nos élèves savent que nos portes sont ouvertes. D’ailleurs nous avons introduit dans le règlement intérieur du lycée classique de Bafoussam, un délit « le délit de non dénonciation de harcèlement » qu’il soit sexuel, financier, matériel ou psychologique. C’est prévu et réprimé par le règlement intérieur du lycée si l’élève ne dénonce pas. Et comme vous le savez, chaque élève a le règlement intérieur en français simplifié entre ses mains.  J’ai le plaisir de vous dire que nous recevons beaucoup de dénonciations, surtout de la part des plus jeunes, ce qui nous remplit le cœur de joie car cela nous permet d’espérer que si entre temps il n’y a pas de facteur perturbateur, ils peuvent devenir des enfants partis pour être des citoyens  ayant une conscience morale traduite dans les faits. Donc, nous sommes là à veiller et nous félicitons toujours ceux des élèves qui viennent nous faire des dénonciations que nous gérons bien entendu avec beaucoup de discrétion et nous réprimons ceux  qui ayant eu connaissances des faits de corruption ou d’immoralité, ne les rapporte pas à notre niveau.

On vous connaît aussi très exigent en matière d’hygiène et de salubrité en milieu scolaire. Comment parvenez vous à maintenir aussi propre un établissement scolaire aussi vaste et peuplé comme le lycée classique de Bafoussam ?

Pour vous répondre je vais commencer par dire que je n’ai pas de leçon à donner à qui que ce soit. Je peux simplement vous  dire s’agissant de ce succès puisque succès il y a, que c’est le travail. Mais peut être qu’avant le travail, il y a d’abord  l’amour de la propreté. Il faut véritablement être un passionné de la propreté de l’environnement et je crois que j’ai la chance de l’être.  Il faut aussi avoir la chance d’avoir autour de soi des collègues qui  acceptent de vous accompagner sur le chemin  de la réalisation de cette idée de propreté. Je dois dire qu’aussi bien au lycée bilingue de Bafoussam qu’ici, j’ai eu cette chance. Il faut aussi être un homme de terrain, on ne s’enferme pas dans son bureau pour dire aux gens d’aller faire la propreté, il faut retrousser les manches et participer pour convaincre les velléitaires et tirer le maximum de profit de la chance que vous avez d’avoir avec vous des collègues qui  acceptent de faire avec vous la propreté. Donc, il n’y a pas de secret en tant que tel. Peut être tout simplement  cet amour de la propreté environnementale et la chance d’avoir des acteurs qui   travaillent avec moi, la chance d’avoir des élèves qui comprennent qu’on doit avoir le souci de la propreté de son environnement. Je crois que c’est tout. Ce  qui nous fend parfois le cœur c’est de voir que pendant qu’on s’échine ainsi sur le terrain, il y en a qui urbi  et orbi disent des choses contraires à la réalité. J’ai par exemple assisté à  un débat sur une chaîne de   télévision STV où un certain monsieur Denis NKWEBO ci devant journaliste d’investigation(Le Jour, ndlr), disait ceci je cite « Parlons même de ce lycée là, je suis passé par là, c’est un endroit entièrement sale aujourd’hui, allez y et vous verrez » Moi depuis, je cherche à savoir s’il existe deux lycées classique de Bafoussam parce que je n’ai pas reconnu celui que j’ai l’honneur de diriger actuellement dans ces propos là. Et si c’était une erreur, nous saisissons l’occasion que vous nous donnez pour  le prier, le jour où il aura un peut de temps, de faire un tour par ici, même de façon inopinée, et peut être pourrait il démentir l’image qu’il a donné  du lycée classique de Bafoussam et que celui-ci ne mérite pas. J’en veux pour preuve le trophée qui est là pour 2017, « Etablissement le plus propre de la région de l’Ouest » et il faut qu’il sache que si le trophée de 2018 n’est pas à coté de celui là, c’est parce que la hiérarchie qui organise cette compétition, a décidé de nous mettre hors course. Ce qui m’amène à penser que dans leur  façon de voir, le lycée classique de Bafoussam devait s’il concourait encore l’emporter ce prix. C’est leur droit de faire concourir qui ils veulent et nous nous inclinons devant cette décision.

Basile Honoré TCHUISSE

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