Développement local : Des élus locaux plaident pour une révision de la législation en vigueur

La préoccupation a été exprimée le mercredi 29 novembre 2017 lors d’un café-débat organisé à Bafoussam.

 

Le thème du 2e café-débat organisé dans la ville de Bafoussam, dans le cadre du projet Initiative Citoyenne pour le Renforcement de la Démocratie (InCRed) portait sur «Les mécanismes de redevabilité des élus (maires, députés et sénateurs) et la participation des citoyens au développement local: enjeux et défis». Parmi les panélistes, on notait en bonne place Hypolite Tchoutezo, 1er adjoint au maire de Bafoussam 1er, Pierre Sukam Tchadjui, 2e adjoint au maire de Bafoussam 2e, Lucienne Ateufack, responsable de Cibaeeva, une organisation de la société civile, sous la modération de André Marie Yimga, journaliste et rédacteur en chef du journal Ouest Échos. William Dzokou, responsable régional des jeunes du MRC, par ailleurs 4e panéliste attendu, n’a pas daigné honorer le rendez-vous.

D’entrée de jeu, les panélistes pour leur première prise de parole ont eu à se prononcer sur leur compréhension de la redevabilité et les canaux par lesquels elle s’exerce. Il est ressorti qu’en dehors des sessions de conseils municipaux qui sont ouvertes aux citoyens, il existe aussi des visites de terrain, des communiqués radio, des émissions radio, des messages sms, magazines, pages facebook et bien d’autres par lesquels les élus locaux rendent compte de leur gestion aux citoyens.

Bien que tous ces canaux de communication existent et sont très usités, l’unanimité réside sur le fait qu’ils ne sont toujours pas efficaces, au regard des cibles et des zones. «Les élus ne rendent pas suffisamment compte aux populations ; si oui ils viennent à l’approche des élections pour solliciter les suffrages», a observé Lucienne Ateufack. Ce qui sera plus tard appuyé par un participant qui pense que les maires et les députés, pour être plus redevables vis à vis des citoyens, gagneraient à faire le porte à porte comme c’est souvent le cas pendant la campagne électorale quand ils sont à la quête des suffrages.

Les élus de Bafoussam 1er et Bafoussam 2e s’accorderont néanmoins pour rappeler à l’assistance qu’il existe dans les différentes communes la démarche du Programme National de Développement Participatif (PNDP) qui a vu naître des unités de planification participative à travers lesquelles les élus locaux peuvent rendre compte aux populations de ce qui est fait ou de ce qui est à faire. «Quand vous ne rendez pas compte de ce que vous faites, les populations sont réfractaires à prendre part aux initiatives de développement à la base, notamment le paiement des taxes et impôts», serine Pierre Sukam.Gilbert Soffo, acteur de la société civile, a déploré le fait que les comités de développement, jadis considérés comme les appuis des communes dans la délivrance des services publics, sont aujourd’hui instrumentalisés et détournés de leur rôle de départ. L’une des conséquences immédiates c’est la faible participation des citoyens aux projets de développement dans les villages.

Au regard de certaines pesanteurs observées sur le terrain, Hypolite Tchoutezo fait remarquer que dans l’exercice des missions régaliennes des magistrats municipaux, il faudrait de prime abord revoir le cadre réglementaire qui pose problème. A l’en croire, il va falloir démêler l’écheveau entre les maires des communes d’arrondissements et les délégués du gouvernement d’une part, et d’autre part, entre les maires et les autorités administratives qui jouent le rôle de tutelle des communes (le carburant des préfets pour prendre part aux sessions de conseil municipal).

 

Une mauvaise loi en amont, pense t-il, conduit inéluctablement à une mauvaise applicabilité en aval. Pour davantage contribuer à améliorer les conditions de vie des populations à la base, il croit dur comme fer qu’il faut supprimer les cartons relatifs au budget d’investissement public, au profit des dotations aux collectivités territoriales décentralisées. Ceci a été étayé par le cas des paquets minimum qui jusqu’aujourd’hui ne sont pas encore mis à la disposition des écoles primaires, à cause des procédures de passation des marchés publics.

Les cafés-débats ont pour objectif de renforcer la démocratie et la participation au processus de prise de décisions, de créer un cadre d’échanges et d’analyse de sujet ayant trait à la gouvernance politique. Pour le sujet du jour, il était attendu à l’issue de l’activité une meilleure visibilité et lisibilité des effets de la redevabilité des élus sur la participation des citoyens aux projets de développement local au Cameroun, dans un contexte de décentralisation. A ce sujet, quelques recommandations ont été formulées. Que les citoyens aident les magistrats municipaux à bien faire leur travail, en s’acquittant de leur devoir fiscal ; que la société civile et les citoyens jouent effectivement le rôle qui est le leur, celui de veille et de contrôle citoyens; que les choix des projets à la base soit fait de façon participative pour une meilleure appropriation par les bénéficiaires. Tout en s’engageant à revoir leurs approches de communication avec les populations, les élus pensent que les café-débats sont une initiative à dupliquer dans les municipalités.

 

La rédaction

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