Appel à candidature de Paul BIYA : Le Fo’o SOKOUDJOU dénonce la manipulation

Il a encore laissé parler son coté rebelle en refusant de signer la motion de soutien et d’appel à candidature des chefs traditionnels de l’Ouest en faveur de Paul BIYA.

Ce fut au départ une contingence toute particulière sortie du très ingénieux esprit d’un  de ces compatriotes qui ne tarissent pas d’imagination pour témoigner de leur fidélité inconditionnelle au président BIYA, eux qui se considèrent comme  ses créatures, eux qui aujourd’hui encore ont théorisé et hypostasié le concept du temps du président, ils avaient alors très contextuellement pensé à une motion de soutien au chef de l’Etat et par la suite de peur de le voir renoncer à sa fonction, l’appel à candidature est arrivée. Parce que le Cameroun n’est rien d’autre que le pays du soupçon, une société dans laquelle la seule ritournelle reprise en harmonie par tous les fidéistes est la louange au chef de l’Etat, tout silence est souvent interprété comme un positionnement contre le créateur. Sur la base de cette logique d’interprétation,  la contingence d’hier est devenue aujourd’hui une nécessité, la chose la mieux partagée par les amis et prétendus amis du président de la république  qui, à l’approche des élections présidentielles, rivalisent d’adresse pour être les premiers à lui adresser une motion de soutien et un appel à être leur champion aux présidentielles , nonobstant le fait qu’il soit leur candidat naturel conformément aux textes de leur parti. Apparemment, malheur ou groupe, composante sociologique ou professionnelle qui refuse de s’inscrire dans cette logique.

C’est donc à la reproduction de cette symphonie que le ministre de l’administration territoriale, après avoir réussi l’exercice dans la région du Nord-ouest, a réuni  les chefs traditionnels de l’Ouest,  le mercredi 21 mars 2018 dans la salle des conférences des services du gouverneur et ceci en présence de  tout le gratin des préfets et sous-préfets sous la bienveillance du gouverneur de la région.  Mais dans le cas spécifique de cette rencontre du 21 mars, il s’était agi au regard du message porté adressé aux chefs traditionnels par leurs différents sous préfets, d’une séance de travail et non d’une  réunion politique en vue d’une motion de soutien et un appel à candidature à un individu, fut-il le président de la république. Ceci dit, si leurs majestés les chefs traditionnels de la région de l’Ouest qui ont répondu présents à cette convocation, notons en passant que le message porté précisait le caractère contraignant étant donné qu’il ne tolérait aucune absence, ont signé la motion de soutien et d’appel à candidature de Paul BIYA pour 2018, tous ne l’ont pas fait. Sa Majesté CHENDOU II, le Fo’o des Bamendjou, a refusé de signer cette motion qu’il dénonce avec la plus grande énergie.

Le rebelle fidèle à lui-même

Si sa Majesté Jean Philippe Rameau SOKOUDJOU, n’a pas signé cette motion de soutien que le MINAT doit présenter à Yaoundé comme un trophée de guerre, preuve de son efficacité et de sa déférence inconditionnelle au chef de l’Etat, c’est  dit il, non parce qu’il est contre la motion, mais parce qu’il n’aime pas qu’on le piège ou qu’on le considère comme un enfant qu’on doit instrumentaliser. Selon  sa majesté SOKOUDJOU,  c’est après avoir signé la feuille de présence, laquelle était doublée, qu’il s’est rendu compte de la supercherie. Lui qui se croyait dans  une rencontre administrative de travail, n’a pas supporté qu’on obtienne sa signature pour l’apposer sur une motion de soutien. C’est pour cette raison qu’il a pris le soin de rayer son nom sur la liste et de repartir sans crier gare.  Après analyse, ce qui choque le plus sa majesté CHENDJOU II,  c’est moins le fait qu’on tente d’obtenir sa signature par des techniques peu honnêtes, que le fait que cela ce fasse en l’absence d’aucun digne fils de la région de l’Ouest.  Si cette motion de soutien et d’appel à candidature avait été initiée dans le cadre d’une réunion organisée par les fils de l’Ouest, il aurait affirme t-il encore pu la signer en signe de soutien à ses enfants qu’ils sont. Or ce ne fut pas le cas. Le roi rebelle, après être sorti de la salle, a tenu à dénoncer cette façon de procéder qui consiste à infantiliser les chefs traditionnels et à en faire des irresponsables qu’ils ne sont pas. Mieux encore, en dénonçant cette manipulation des chefs traditionnels, il confirme la célèbre phrase qu’il avait prononcée à l’endroit du président BIYA à l’occasion de la fête populaire qu’il avait organisée dans son palais le 13 février 2017 en signe de remerciement pour la distinction honorifique de Grand Cordon qui lui avait été accordé. Les différentes personnes présentes à cette fête populaire avaient conclu à l’idée que Majesté SOKOUDJOU a intégré les rangs. Même le maire KAMDOUM de la Commune de Bamendjou était tombé dans le panneau, lui qui dans son discours de bienvenue pour en rajouter à la confusion déclarait « Qui aurait  imaginé Jean Rameau Sokoudjou  organisant une cérémonie de remerciement au chef de l’Etat, c’est tout de même inédit » Le vieux rebelle avait alors en remettant son discours au Préfet des Hauts-plateaux représentant personnel du Chef de l’Etat, recommandé de lui rappeler qu’il « est resté égal à lui-même ».

Basile Honoré TCHUISSE

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